Interview de Chase Anderson - The Outdoor Archive

Chase Anderson est un passionné qui collectionne les documents liés à l’histoire de l’outdoor. Plutôt que d’attendre que des pépites apparaissent, il les traque sur eBay, écume les vide-greniers et n’hésite pas à faire plusieurs heures de route pour examiner un catalogue ou un vêtement de près.

Installé dans l’Utah, il travaille au sein de Utah State University, où il participe au développement de l‘Outdoor Recreation Archive. L’objectif : constituer un fonds de référence dédié à l’histoire de l’industrie outdoor — catalogues, lookbooks, documents internes, prototypes, correspondances, photographies. Un travail de terrain dans un cadre académique.

Ce travail se prolonge notamment à travers le compte Instagram The Outdoor Archive, devenu une source régulièrement consultée par les designers et les équipes produit. Le flux d’images fonctionne comme une base documentaire ouverte : il remet en circulation des pièces rares et redonne du contexte à certaines innovations techniques.

Le livre The Outdoor Archive, publié chez Thames & Hudson, s’inscrit dans cette continuité. Conçu comme une synthèse collective du travail mené autour des publicités et catalogues outdoor, il ne cherche pas l’exhaustivité mais propose un outil visuel destiné aux créatifs. Une manière de structurer, sur papier, un corpus déjà largement diffusé et consulté.

Aujourd’hui sollicité par de nombreuses marques, Chase partage avec nous sa lecture du secteur. Il revient notamment sur la collaboration peu connue entre Apple et Patagonia, mais aussi sur la question du « Digital Dark Age » et la fragilité des archives numériques. À travers son regard, on comprend mieux comment la culture outdoor s’est construite — matériellement, industriellement, et parfois de manière inattendue.

 
 

LIP : Chase, vous parlez de votre méthode comme d’un véritable travail d’enquête en ligne, allant jusqu’à retrouver d’anciens fondateurs à la retraite. Y a-t-il une pièce — un catalogue, un vêtement — que vous aviez localisée mais qui vous a finalement échappé ?
À l’inverse, quel est l’endroit le plus inattendu où vous avez mis la main sur une archive majeure ?

Chase Anderson : C’est une question délicate car la majeure partie de notre collection s’agrandit grâce à des dons. Nous travaillons directement avec des fondateurs de marques outdoor, des employés de la première heure ou des designers qui nous confient leurs documents, leurs photographies, parfois leurs archives personnelles.

Il y a toutefois un objet que je recherche activement : le catalogue Apple Collection de 1986–87 publié par Apple. C’est un catalogue de produits dérivés qui comprenait une ligne de vêtements Apple, mais aussi des collaborations avec des marques comme The North Face et Patagonia. On y trouvait par exemple des Snap-T Patagonia, des ceintures, ou encore des vestes The North Face vendues directement dans ce catalogue Apple. (NDLR : il est visible ici )

C’est extrêmement difficile à trouver — je n’en ai jamais vu d’exemplaire complet en circulation. J’ai cru identifier une personne ayant publié des images en ligne, mais je n’ai jamais réussi à la contacter. Nous avons récemment acquis un catalogue Apple de 1983, qui contenait déjà des produits Patagonia, ce qui montre que ces liens entre tech et outdoor existaient bien plus tôt qu’on ne l’imagine. Cela éclaire aussi la culture des collaborations, souvent perçue comme contemporaine.

Concernant la trouvaille la plus improbable, je pense à une découverte faite par Clint Pumphrey, mon collaborateur et archiviste. Il avait repéré des catalogues JanSport sur eBay et a contacté le vendeur pour savoir s’il en possédait d’autres. Celui-ci lui a répondu qu’il détenait également des croquis de Murray Pletz, cofondateur de JanSport. Ces documents ne figuraient pas dans l’annonce initiale : le vendeur avait acquis un ancien espace de stockage contenant des archives personnelles du fondateur.

Nous sommes prêts à aller très loin pour préserver ces documents. Nous avons déjà conduit douze heures dans le Kansas pour récupérer une collection conservée dans une ville de neuf habitants. Ce travail est important : nous documentons également ces parcours à travers un podcast d’histoire afin de préserver non seulement les objets, mais aussi les récits. (NDLR : The Highlander Podcast)

sommaire du livre The Outdoor Archive

LIP : Le livre The Outdoor Archive est classé par type de publicité plutôt que par chronologie. Qu'est-ce que cette approche vous a révélé sur l'évolution du marketing ?

Chase Anderson : Lorsque Thames & Hudson nous a approchés pour créer un livre, nous voulions qu’il serve de ressource pour les créatifs qui suivent notre compte Instagram : directeurs artistiques, designers, responsables marketing. Nous avons donc organisé les images par catégories — support, nature, lignes, images “processées”, typographie — plutôt que par période. L’idée était d’en faire un véritable ouvrage de référence.

Ce qui est frappant, c’est que l’imagerie aspirationnelle reste constante : des personnes face à un paysage spectaculaire, la promesse de sortir, d’explorer. Sur ce point, peu de choses ont changé.

En revanche, les médiums évoluent : peintures à l’huile et illustrations au début du 20ème siècle, photographie noir et blanc, couleur, puis collage et expérimentations graphiques. Les outils et les technologies influencent profondément la forme, même si le fond — l’appel de la nature — demeure.

LIP : Pourquoi pensez-vous que les marques techniques historiques ont si souvent abandonné leur passé par rapport aux maisons de mode ? Est-ce le culte de la performance qui fait que le vieil équipement semble "obsolète" plutôt que "vintage" à leurs yeux ?

Chase Anderson : C'est une très bonne question. Beaucoup de fondateurs n’ont pas créé leur entreprise pour bâtir une marque iconique. Ils voulaient surtout financer leur passion et passer plus de temps dehors.

Je pense à Yvon Chouinard, qui fabriquait son propre matériel d’escalade pour pouvoir grimper davantage. Pour nombre de ces pionniers, le produit était un moyen d’atteindre une fin. L’ADN de ces marques est tourné vers l’innovation et l’usage, pas vers la célébration du passé.

Il y a aussi un facteur temporel : beaucoup de maisons de mode existent depuis bien plus longtemps. Louis Vuitton a commencé comme malletier, avec une fonction très précise, avant d’évoluer vers le luxe contemporain.

Aujourd’hui, certaines marques outdoor atteignent à leur tour des anniversaires importants — Patagonia a fêté ses 50 ans — et redécouvrent la valeur stratégique de leur propre histoire.

LIP : Avec des designers de Louis Vuitton ou Dior qui consultent vos archives, craignez-vous que le contexte original — l'effort et la survie en montagne — se perde lors de la réinterprétation pour l'esthétique urbaine ? Ou est-ce simplement une évolution naturelle ?

Chase Anderson : Je n'y pense pas trop. Je sais que certaines personnes tiennent beaucoup à ce que l'industrie Outdoor reste isolée, avec des produits uniquement utilisés par des personnes pratiquant des activités de plein air. Il y a des discussions à avoir sur le besoin d'une veste en Gore-Tex si vous n'allez pas dans des environnements rudes, mais je pense qu'il y a de grandes leçons à tirer de l'industrie outdoor qui sont partagées au-delà de cet espace.

C'est génial que les produits puissent être mieux fabriqués, plus durables et performants afin que vous puissiez les utiliser dans différents contextes pour de multiples usages. Il y a beaucoup de choses positives à voir des marques de haute mode intégrer davantage de caractéristiques de performance et de fonctionnalité dans leurs produits.

LIP : Vous parlez des L.L. Bean d'avant 1980 et des Abercrombie & Fitch d'avant 1977 comme de vos "Saints Graals". Si vous pouviez mettre la main sur une année spécifique, laquelle serait-ce ?

Chase Anderson : Il n'y a pas qu'une seule année spécifique pour l'une ou l'autre de ces marques. Abercrombie & Fitch est difficile à trouver ; nous avons quelques catalogues de la David T. Abercrombie company, le précurseur d'Abercrombie & Fitch, et l'un de ces numéros date de 1900. Tout ce qui date du début des années 1900 est difficile à dénicher et vraiment instructif sur ce qu'était l'industrie à cette époque. Tout ce que vous pouvez trouver d'avant les années 1960 — avant les années d'essor de l'industrie outdoor dans les années 60 et 70 — est vraiment formidable et nous sommes ravis d'en trouver.

LIP : Comment capture-t-on un lancement de produit de 2025 par rapport à un catalogue de 1975 ? Risquons-nous un "Âge sombre numérique" où l'histoire actuelle du design disparaîtrait faute de supports physiques ?

Chase Anderson : C'est une vraie préoccupation. Quand nous avons exploré l'histoire d'Arc'teryx, qui est apparue dans les années 90 et au début des années 2000, il n'y avait pas beaucoup de documents imprimés. Ils ont suivi la tendance du tout en ligne, avec des documents conservés sur des CD et des disques durs ; d'après ce que j'ai compris, beaucoup de ces documents sont aujourd'hui inexploitables.

Le support imprimé a une valeur immense car vous pouvez le poser sur une étagère et, dans les bonnes conditions, il durera des milliers d'années. Avec le stockage sur le cloud, si c'est hors de vue, c'est hors de l'esprit. Je vois des entreprises revenir à l'imprimé, créant des annuaires des travaux réalisés et des produits lancés. C'est d'une valeur énorme pour un usage interne, même si ce n'est pas diffusé largement, car il y a un réel risque de perte des campagnes numériques.

J’ai récemment vu un catalogue 1TRL de Merrell inspiré des archives. Cela permet aux équipes futures d’avoir un repère tangible, plutôt que de dépendre de bases de données dispersées.

LIP : En regardant vers l'avenir, comment voyez-vous l'industrie Outdoor évoluer au cours des prochaines années ? Quelles sont les grandes tendances que vous anticipez ?

Chase Anderson : Le Gorpcore semble avoir évolué vers quelque chose d'un peu plus subtil, avec des caractéristiques de performance qui ne sont pas tout à fait aussi maximalistes en termes de fonction. L'idée d'avoir des produits performants est toujours très importante. Je vois aussi beaucoup plus de marques embrasser leur héritage. J'aimerais penser que c'est notre influence, mais c'est aussi dû aux anniversaires majeurs qui approchent pour ces marques. Les marques essaient de se reconnecter avec leur histoire et leur ADN pour se différencier dans un océan de concurrents. J'anticipe l'apparition d'un mouvement "héritage moderne" où les marques se réapproprient et utilisent cette histoire pour aller de l'avant.

LIP : Chase, quelles sont les 2 ou 3 marques actuelles que vous suivez de près et qui, selon vous, font le meilleur travail en termes de design ?

Chase Anderson : Je suis un peu biaisé car pas mal de marques ont collaboré avec nous, mais la première est Gnuhr (G-N-U-H-R). Ils ont étudié l'histoire des marques et sont très conscients de ne pas vouloir simplement fabriquer "plus de trucs" ; ils veulent créer des produits fonctionnels et beaux avec de l'innovation.

Une autre marque que j'admire est The North Face. Leurs équipes de design viennent voir nos archives plusieurs fois par an pour se réapproprier leur histoire et rassembler des récits qui incarnent la marque. Leur équipe s’est vraiment appuyée sur son patrimoine et ils ont lancé des produits intéressants, notamment de nouvelles interprétations d'icônes passées utilisant de nouveaux matériaux de performance.

LIP : Existe-t-il une petite marque émergente — un "outsider" — que personne ne connaît encore mais qui vous impressionne vraiment ?

Chase Anderson : Je dirais que Gnuhr en fait partie. Ils sont définitivement en pleine ascension et font un travail intéressant. Ils ne sont pas forcément sous les radars — ils ont eu de grands succès récemment — mais je suis très curieux de voir où ils iront.

LIP : Y a-t-il un sujet ou une tendance spécifique qui vous passionne particulièrement en ce moment ?

Chase Anderson : Je trouve tout ce qui implique des matériaux naturels vraiment intéressant. Story mfg. est toujours intéressante dans sa façon d'essayer d'intégrer des teintures et des fibres naturelles dans ses produits, ce qui donne aux objets un aspect artisanal et unique. « La nature » est une tendance qui m'enthousiasme vraiment.

Samuel Gassmann : l'artisanat de luxe français des boutons de manchette

 
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Samuel Gassmann - Boutons de manchette

Rencontre et échange
au sein de son atelier de fabrication parisien

 

Histoire du bouton de chemise

L’aventure de Samuel Gassmann a commencé à la suite de recherches sur le plus petit élément du vestiaire masculin, l'idée étant de proposer ce sujet à la chaîne franco-allemande ARTE.
Première étape, la visite du musée de la nacre à Méru dans l’Oise, à proximité de Paris. Comme le souligne Samuel, bien souvent les musées émergent là où les industries s’effondrent. Et une industrie de poids. En effet, au XIXème siècle il s’agissait de la capitale mondiale du bouton de nacre. Des dizaines de milliers d’ouvriers du département travaillaient dans ce secteur en plein essor.

En continuant ses recherches sur ce qu’était un bouton de chemise, il a découvert qu’au au moment de la révolution bourgeoise de 1789, des codes très précis sur la forme et la fonction du bouton de chemise ont été crées.  Pourquoi ? Pour des raisons pratiques essentiellement.
Les artisans de cette époque fabriquaient et revendaient via les Grands Magasins. Dès lors, comment différencier les boutons à destinations des chemises homme de ceux destinés aux femmes ? En employant un diamètre plus petit pour les boutons féminins.
Le résultat est un disque en nacre franche* (la nacre n’était pas aussi rare à l’époque) de 11 mm de diamètre, un rebord de 1 mm et avec 4 trous pour les hommes. Pour les femmes, les boutons ont les mêmes spécificités, si ce n'est qu'ils font 9 mm de diamètre.
Cette liste de détails correspond aux caractéristiques précises des boutons de jours. Car oui, il existe des boutons pour chaque moment de la vie quotidienne. 5 moments exactement :

  • Négligé : qui correspond au matin, en prenant le petit déjeuner en famille par exemple.

  • Jour : en nacre franche

  • Sport : oui à l'époque on portait des chemises pour faire du sport, au tennis par exemple. Les boutons présentaient un rebord de 2 mm pour plus de solidité.

  • Soir : nacre grise avec un rebord de 1 mm.

  • Apparat : pour les grandes occasions, le bouton étant généralement plat et symbolisé avec une gravure.

*la nacre franche est une variété de nacre très appréciée pour sa blancheur

                                                                      &nbs…

                                                                                                              Vous l'aurez probablement remarqué, il s'agit des boutons du jour

Des caractéristiques que l’on retrouve encore aujourd’hui. Vous pourrez vérifier par vous-même, hormis les boutons fantaisistes - types chemises XOOS -, de gap à H&M en passant par Zara, tous vos boutons de chemises font 11 mm. Ce code n'a pas bougé depuis le XIXème siècle. Samuel me précise par exemple que chez Charvet ils sont plats avec un rebord symbolisés. (typique des boutons d'apparat)
Et qui disait boutons différents, disait chemise différentes pour chaque moment de la journée. Globalement aujourd'hui vous aurez remarqué que ce n'est plus vraiment le cas. Les chemises sont moins différenciées et tous les boutons se ressemblent plus ou moins. Excepté pour...les boutons de manchettes ! Les premières traces remontent au XIVème siècle, mais mais l’âge d’or des boutons de manchette durera du début du XIXème siècle jusque dans les années 1970.

 

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Tous les boutons de chemise homme, quelque soit la marque, font 11 mm de diamètre.
Si vous allez chez Charvet, Gap ou Zara, ils ont tous la même dimension, sauf recherche un peu “design”.
— SAMUEL GASSMANN

 

Naissance de sa 1ère collection

Une question a très vite intéressé Samuel : est-il possible de trouver des formes et des matières qui expliquent par elles-mêmes comment les utiliser ? Presque dénué de tout design en un sens.
Venant de l’histoire de l’art, période 1907 1914 (cubisme, constructivisme, futurisme…), il s'inspire de l'esprit de l'époque : simplification de la forme pour accéder au réel et le rendre plus lisible. Toute la démarche de ses 3 premières collections repose sur cette idée. Un an et demi de créations et de simplifications des portraits obtenus. (un portrait étant un thème de boutons de manchette).

Un exemple de réflexion menée concerne le lien du bouton. On s'explique. Il y a 8 ans, quand il a commencé, les boutons de manchettes faisaient tous 90° avec un fermoir à bascule dont unqiement un côté qui présente une face "jolie".
Or l’angle d'un poignet mousquetaire (et ce quelque soit la morphologie de la personne) ne fait jamais 90°. Plutôt 45°. Un angle qu’a repris Samuel pour tous les boutons de sa collection.
On le conçoit, dit comme ça, ce n'est pas forcément très clair. En image ça devrait vous parler :

Toutes ces réflexions et recherches ont permis de créer les portrait jours et nuit. Pour les autres portraits, il a fallu procéder autrement. En effet, les familles qui fabriquaient des boutons de nacre n’ont, pour la grande majorité, pas laissé beaucoup de traces écrites sur le sujet. La transmission était majoritairement orale. La suite de ses recherches s’est donc déroulée en collaboration avec des artisans en activité, dans l'idée de voir ce qu’il était possible de faire. S’il l’on prend par exemple les trois catégories qui laisse le plus de liberté à la créativité :

  • Apparat : peu de documentations approfondies sur le sujet. Samuel utilise des matériaux qui ont une histoire. En bronze principalement. Pourquoi ? Parce que cette matière fut une des premières utilisées pour les bijoux homme. C'est une matière incroyable mais très peu employée en bijoux homme actuellement. Contrairement à l'argent.

  • Négligé : le troca, coquillage un peu moins cher, était vraisemblablement utilisé à l'époque. Mais en poussant un peu plus loin, (et en s'éloignant un peu de la théorie), Samuel a décidé d'employer d'autres matériaux comme l’ébène, le vison, le mouton, le cheveux, ou même de l’os de vache indienne (NDLR : c’est l’âme des vaches qui sont sacrées, et le corps importe moins, donc une fois morte…) et de la feuille d’or.

  • Sport : là encore la théorie n'est pas claire. L'idée de Samuel était donc de se demander ce qu'était un vêtement de sport. Pour lui il s'agit très souvent d'un vêtement support sur lequel l'on peut inscrire à quelle équipe l'on appartient. Comme pour une toile de peinture en quelque sorte. Un matériaux qui répondait à ce cahier des charges fût la porcelaine car facile à peindre.

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Ce qu'on apprécie beaucoup, c'est qu'en partant de ce travail de recherche sur les boutons de chemises, ses boutons de manchettes ont fini par leur ressembler, s'éloignant ainsi de l'idée des boutons de manchette plus "voyant", plus "bling bling".

 

Autres collections

Par la suite, l'idée était de sortir du cadre des recherches initiales sur le bouton et d'initier une autre démarche, un peu plus "fun". Samuel m'explique un peu sous la forme d'une boutade, que puisque que personne ne porte de boutons de manchette, autant être original. Une boutade car les Grands Magasins américains en sont friands.

Il créé alors portraits sur le Temps, sur Mondrian, sur le Corps ou encore l’Alphabet avec un typographe. Il sort du cadre de la simple paire de boutons de manchette, pour raconter une autre histoire. Ainsi pour l'Alphabet, il y a les 26 lettres. Dans ce cas aucun bouton ne va forcément de pair avec un autre, plusieurs combinaisons sont possibles. 

                                                                      &nbs…

                                                                                                                                            Portrait sur le temps

Enfin, cette recherche initiale de luxe discret fût étendue à d’autres accessoires : porte-clés, nœuds papillon et cravates (en collaboration avec la maison Boivin), bagues...
Pour les cravates par exemple, elle sont 100% soie (et sans triplure) mais surtout...9 plis. Quelque chose que on n'avait pas encore vu, même s'il est vrai que des maisons italiennes en produisent également. Avis aux amateurs....

                                                                     Fermo…

                                                                     Fermoir en argent du noeud papillon : il est invisible une fois porté, un luxe discret qu'apprécie beaucoup Samuel

 

Fabrication

Les boutons de manchettes sont fabriqués à la main dans son atelier parisien. Plusieurs étapes sont nécessaires : le polissage, la soudure...Des connaissances que Samuel a apprises sur le tas, en travaillant notamment avec d'autres artisans ou en créant ses propres techniques. Comme pour l'utilisation de la feuille d'or. Le bouton étant amené à frotter régulièrement, un procédé spécifique a dû être créé.

Ce qui est intéressant avec cette partie fabrication, c’est que les techniques évoluent tous les jours. C’est un milieu en total mutation par rapport au travail de la matière. C’est assez enthousiasmant.
Par exemple, j’utilise un émail à froid développé il y a 4-5 ans. Ce qui n’était pas possible avant. Il fallait avoir son four ect...ça ne changeait pas grand chose, mais c’était un peu plus lourd.
— samuel gassmann


Pour les savoir-faire vraiment très pointus, il est amené à travailler avec d'autres entreprises. Ses bagues ont pu voir le jour grâce à l'alliance de la haut technologie et de l'artisanat.

  • La 3D permet de créer le moule de la bague via ordinateur. On arrive à des degré de pureté et une précision incroyable. Quelque chose qu'on ne pouvait avoir avec la main...Avec ces nouvelles techniques, le travail se concentre beaucoup plus sur l'idée et le dessin.

  • Les diamants "tailles en rose"  - qui ont la particularité d'être à fond plat - ont été façonnées par des artisans

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Note : Pour ceux qui se demanderaient, tous les boutons de ses collections font 11 mm, et le plupart sont réalisées en nacre et argent. (et le reste en bronze, porcelaine, cuir..)

 

 

Distribution 

Les boutons et autres accessoires sont disponibles sur son e-commerce ou via les Grands Magasins (Barneys, United Arrows, Bon marché - à côté des cravates au sous-sol -...). Disponibles également chez Maison Degand à Bruxelles.

Un atelier-boutique devrait vraisemblablement voir le jour l'année prochaine à Paris. Un lieu où toute la collection sera disponible ainsi qu'une offre sur-mesure. A suivre !