Eduardo De Simone - EDESIM⎟Une usine tailleur napolitaine de haute volée

 

Note : nous avons demandé à Edesim de nous envoyer les pièces que vous allez découvrir dans cet article



« Vedi Napoli e puoi muori »
disait Goethe. Comprenez « voir Naples et mourir ». Cette fascination pour la cité parthénopéenne s’est exacerbée au fil des siècles. Si au XVIII et XIXème siècles elle est le centre du Grand Tour, ce voyage initiatique des aristocrates de l’Europe entière, elle connaît un déclin au XXème. Reléguée au second plan durant le siècle dernier, marquée par la Seconde Guerre et estampillée comme ville sale, bruyante et dangereuse, elle connait aujourd’hui une renaissance. Ceux qui sont déjà allés à Naples peuvent l’attester, cette ville a un charme fou. Les ruelles, les habitants, la nourriture et bien sûr les sartorie par centaines. 

Nous vous proposons un voyage dans ces ruelles étroites, cette ambiance si spéciale, grâce à la marque Eduardo De Simone.

Décryptage.

Histoire 

Nous sommes en 1954, Eduardo De Simone vient d’ouvrir la sartoria « Edesim » à Naples. Avec l’aide de sa famille – sa femme Carmela et ses fils Vincenzo, Michele et Rino – l’atelier tailleur devient une entreprise industrielle florissante et travaille pour les plus grandes maisons européennes.

En 2006 s’ouvre un nouveau chapitre. Eduardo Jr. prend les rennes de l’entreprise et en redéfini l’identité. C’est ainsi que voit notamment le jour de la marque en propre de l’usine : Edesim.
Chose plutôt rare pour un atelier de confection, l’offre d’Edesim va du costume sur-mesure au prêt-à-porter en passant par le MTM.

Les vestes Edesim reprennent les caractéristiques de l’école napolitaine : elles sont déstructurées, les épaules sont naturelles et les tissus ont souvent des accents britanniques.

Une offre qui est désormais accessible en ligne. Car oui, Edesim vient s’ajouter à notre longue liste d’ateliers qui sont connus et reconnus dans le milieu professionnel du textile mais pas encore suffisamment du consommateur final. Cet atelier fait sans aucuns doutes parti des plus belles entreprises de confection de costume au monde. Une petite pépite.


Nous avons pu converser avec Eduardo, qui a très gentiment accepté de répondre à quelques-unes de nos questions. Nous avons le plaisir de vous dévoiler une petite interview avec Eduardo De Simone.

Comment est née la marque Eduardo De Simone ?

En l'honneur de mon grand-père Eduardo, dont je porte le nom et le prénom. C'est à lui et à mon père que je dois mon amour pour cette profession.

Quelles sont vos sources d'inspirations ?

Je ne pense pas que l'on puisse parler d'une source d'inspiration, mais les grandes marques pour lesquelles je travaille ont certainement eu une influence indirecte sur ma vision de la mode.

Pouvez-vous nous dire comment est fabriquée la veste que nous présentons ? Et le pantalon ?

La veste est en partie produite selon une construction traditionnelle qui comprend l'entoilage complet du devant de la veste, les coutures à la main du bas de la veste, de la patte de boutonnage, du dessous de col, de la doublure des manches, des boutonnières et des boutons.

La poche poitrine est en « barchetta » et les poches rappellent la forme Pignatiello.

Bien sûr, nous pouvons aussi fabriquer la veste entièrement à la main, mais cela n'est disponible que pour le service Bespoke.

Le "fait main en Italie" est-il important dans le paysage actuel de la mode masculine ?

Il est important que vous acceptiez d'être ouvert à la nouveauté et donc que votre travail et votre savoir-faire évoluent et soient mis à jour. Une caractéristique que je trouve d'ailleurs intrinsèque à la figure de l'artisan, toujours prêt à relever de nouveaux défis, et j'aime donc m'imaginer comme un artisan entrepreneur.

Enfin, si vous deviez recommander un vêtement essentiel à posséder dans la votre garde-robe, quel serait-il et pourquoi ?

Il est vrai que l’habit ne fait pas le moine, mais je crois que lors des 10 premières minutes d'un rendez-vous, qu'il soit romantique ou d'affaires, la première impression est fondamentale.


Notre ressenti des pièces

Nous avons essayé 2 pièces de chez Edesim. Evidemment une veste, en taille 48. Son design classique et élégant est confectionné dans un tissu 100% laine Vitale Barberis Canonico de 240 gr/mt, ce qui est parfait pour le printemps même si au moment du shooting photo il faisait particulièrement froid !

La veste a vraiment une belle allure, elle est complètement déstructurée et on aime beaucoup ce carreaux vert et rouge/orangé qui sort de l’ordinaire.

C’est un modèle “Zéro” de la nouvelle collection capsule d' Eduardo de Simone.

Caractéristiques principales :

  • veste à simple boutonnage

  • three-button roll two

  • emmanchure « a camicia »

  • poches plaquées

  • double fente (notre préférence)

  • fabriquée en partie à la main à Naples

La deuxième pièce que nous avons essayé est un pantalon sartorial en jeans : c’est la deuxième fois que nous en proposons sur Les Indispensables et nous sommes conquis. La première fois c’était avec Prologue. Si historiquement la matière du jeans est destinée à un usage plus casual, nous adorons ici le rendu plus formel.

Plusieurs modèles sont proposés par Edesim. Ils font partis de la nouvelle collection Zed fabriqués dans un denim 10 oz en coton composé d'une trame blanche et d'une chaîne bleue. 
Selon les modèles, trois styles se dessinent :

  • 1er style : Devant plat, taille haute et coupe légèrement cintrée

  • 2ème style : Un pli traditionnel, taille moyenne et coupe classique 

  • 3ème style : Deux plis, taille moyenne et coupe droite : celui que nous avons essayé

Les trois modèles sont dotés d'une braguette zippée, de boutons en métal et de passants de ceinture. 
Le bas est livré non fini pour que vous puissiez le faire retoucher à la longueur idéale.

Nous avons essayé la taille 46. La taille était légèrement serré, un 48 aurait sans doute était plus adéquat. Mais cela n’est pas d’importance car Edesim laisse suffisamment de matière pour gagner une taille.
Question coupe, la jambe est assez large pour être confortable sans en faire trop. Le juste milieu.

En résumé, ces pièces sont le parfait compromis entre un vestiaire casual et plus habillé. Un double registre que nous apprécions beaucoup.

En bref

Naples s’invite à Paris, mais pour de bon cette fois. EDS fait partie de ces marques ateliers qui ont un savoir-faire reconnu et qui avec l’avènement d’Internet cherchent à la développer au maximum tout en misant sur ce qui fait leur force : des vêtements haut-de-gamme proposés à des prix contenus.

Chez EDS, le produit est roi et son royaume est Naples.

 

Caruso x Edition⎜Manteaux tailleur, costumes et Streetwear

 
 

Dans un article de l’année passée, nous avions déjà parlé de Caruso, l’un des meilleurs fabricants de pièces tailleur au monde.

La marque italienne collabore cette saison avec Edition, une marque du groupe japonais Tomorrowland. Fondé par Hiroyuki Sasaki en 1978, le groupe fabrique et distribue ses propres marques de vêtements pour femmes et hommes au Japon. On peut citer Tomorrowland, Des Prés, Galerie Vie, Souleiado et Edition.

La collection de cette capsule a été pensée de manière à pouvoir être porté avec une certaine désinvolture pour un look plus streetwear. Cela passe par l’absence de poche poitrine ou encore en allongeant la longueur des vêtements proposés.

Une preuve, s’il en était besoin, que les vêtements tailleurs peuvent très se porter dans des styles a priori opposés.

Image edition-jp.com

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Exemple similaire ci-dessous avec Josh Peskowitz - qui a travaillé pour The Fader, Esquire, GQ ou encore le New York Times - qui porte un long manteau manches raglan Drake’s fabriqué en Italie dans un tweed motif Gun Club traditionnel. Le tout assorti d’un jogging gris et des New Balance.

 

Carpi - La Mecque de la maille

 
 

Le textile est souvent associé à une géographie. En France, Troyes est un des berceaux de la bonneterie. En Écosse, Hawick est la capitale de la maille haut-de-gamme - on en a déjà parlé ici.

Quid de l’Italie ?

L’Italie est l’un des grands pays producteurs de maille en Europe. Un quartier en particulier concentre un tissu industriel important dédié à la maille : il s’agit de Carpi situé en Émilie-Romagne, à côté de Modène.
Pour être plus précis, il s’agit d’un district industriel, au sens défini par l’économiste Alfred Marshall dans les années 1890. Une zone géographique où sont regroupées des activités industrielles d'une même nature et dont les petites entreprises peuvent ainsi obtenir les avantages typiques d’une production à grande échelle.

Histoire de Carpi

Carpi a une solide tradition dans le monde de la mode. Ce district rassemble de grandes marques et un réseau dense de PME allant de la production de fils jusqu’aux produits finis. La région est l'un des principaux centres de fabrication de textiles et de vêtements en Italie et l'un des rares en Europe à s'être historiquement spécialisé dans la fabrication et la vente de tricots.

L'origine du tricot à Carpi remonte historiquement aux années 1950. Si la région était connue pour sa fabrication de chapeaux de paille, elle est petit à petit passée à la production de pulls et chemises, souvent à bas prix afin d’être exportée sur le marché européen. Cette industrie s’est particulièrement bien développée après la Seconde Guerre mondiale jusque dans les années 70 où l’on comptait plus de 6000 salariés.

Depuis ses origines, la maille Carpi s'est développée selon un modèle décentralisé. Basé initialement sur le travail à domicile et plus tard dans la sous-traitance par de petites entreprises spécialisées. Une division claire du travail se fait entre toutes les PME du district entre les activités dites créatives, de marketing, de production, de gestion… garantissant ainsi une grande flexibilité.
Au milieu des années 1970, le district a été touché par la crise mondiale et la concurrence des pays à bas coûts. Quelques années plus tard, le phénomène de la "fast fashion" commence à voir le jour. Le modèle de production vise à minimiser le temps de mise sur le marché des produits. Les temps de productions et de création sont compressés. Pour faire face à ces différentes crises, le district de Carpi s’est progressivement adapté, et ce notamment en terme de qualité et de style.
Malgré tout, depuis les années 2000, la valeur du secteur de l'emballage dépasse celle de maille, la spécialisation traditionnelle de Carpi qui concerne toujours des milliers d’entreprises.

PRODUCTION

Ce n’est pas un hasard si les fabricants de machines à tricoter rectilignes Shima Seiki et Stoll ont installé des bureaux à Carpi. Un article de Fashion Network indiquait que, pour le secteur de la maille et de la confection, le chiffre d’affaires était de 1,4 milliard d’euros en 2010. A noter que 80% de l’activité du district concerne les vêtements femme.

Entreprises notables de Capri :

  • Dondi - une entreprise spécialisée dans la production de jersey appartenant au groupe Zegna

  • Filigea

  • Twin Set

  • Blumarine

  • Liu Jo

  • Champion

  • Blugirl

 

Source principale : https://tesi.luiss.it/15481/1/175061.pdf

 

Sesia Manifatture 1963 ⎜ Fils italiens haut de gamme

 

Quel est le point commun entre ces 4 tenues issues de la marque japonaise Tomorrowland ?

Pull 100% coton Image store.tomorrowland.co.jp

Pull 100% coton
Image store.tomorrowland.co.jp

Pull Aran 100% coton Image store.tomorrowland.co.jp

Pull Aran 100% coton
Image store.tomorrowland.co.jp

Polo en mélange soie / coton Image store.tomorrowland.co.jp

Polo en mélange soie / coton
Image store.tomorrowland.co.jp

T-shirt en maille en 100% coton Image store.tomorrowland.co.jp

T-shirt en maille en 100% coton
Image store.tomorrowland.co.jp

L’origine des fils utilisés pour tricoter les 4 hauts en maille ! Ils proviennent tous de chez Sesia Manifatture 1963, un filateur italien haut de gamme créé en 1963 et situé à Fara Novarese à proximité de Milan.

Jusque dans les années 90, Sesia se concentrait principalement sur la production de pelotes de tricot à destination des tricoteurs et tricoteuses manuels. Ce n’est que plus tard que la filature s’est diversifiée dans la production de fils pour les plus belles marques du monde. Eugenio Parravicini, le PDG de Sesia Manifatture révèle le nom de quelque-uns de leurs clients historiques - Chanel, Dolce & Gabbana, Hugo Boss, Prada, Zegna - dans une interview pour le journal Affaritaliani. L’italie reste l’un des leaders mondiaux dans la production de fils haut de gamme.

Logo de l’entreprise utilisé pour la production de pelotes individuelles

Logo de l’entreprise utilisé pour la production de pelotes individuelles

Logo de l’entreprise pour le marché du Luxe

Logo de l’entreprise pour le marché du Luxe

Sesia, initialement spécialisée dans la filature de coton d'origine égyptienne, travaille désormais une large gamme de matières naturelles. Laine mérinos d'Australie, d'Argentine, d'Afrique du Sud. Alpaga du Pérou ou encore mohair d'Afrique du Sud. La marque est également connue pour ses mélanges en soie. La fibre brute est achetée à l'étranger car il n'y a souvent pas d'alternative en Italie. Elle est ensuite traitée exclusivement en Italie afin de garantir les normes de qualité les plus élevées.
Présentant autrefois uniquement une collection printemps/été, Sesia développe à présent également une collection automne/hiver. Le chiffre d’affaire s’en est ressentie, à plus de 16 millions d’euros en 2014.

Sesia propose également une gamme bio (BioSesia). Le coton est issu de l'agriculture biologique (pas de pesticides, d'engrais chimiques ou de semences génétiquement modifiées) et la laine provient de fermes biologiques et garantie mulesing-free.

La filature Manifattura Sesia - Des panneaux solaires ont été installés Image manifatturasesia.it

La filature Manifattura Sesia - Des panneaux solaires ont été installés
Image manifatturasesia.it

Autre point intéressant à retenir concernant Sesia : en 2003, la filature a été certifiée “Zéro émission”. Toute l'énergie utilisée provient de sources renouvelables et elle ne rejette pas de CO2 dans l'environnement. Sesia affirme ainsi que l'entreprise évite l’émission d’environ 500 tonnes de dioxyde de carbone chaque année.

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Images manifatturasesia.it

Cravate Archivio E. Marinella – Napoli

 
 

Note : nous avons demandé à Marinella de nous envoyer la cravate que vous allez découvrir dans cet article.

Dans un monde de moins en moins formel, il apparaît incongru de porter une cravate. Cet accessoire est graduellement devenu au fil du temps un emblème de démarcation parmi les autres. Difficile de défendre le port de la cravate au travail lorsque tous vos collègues adoptent les cols de chemises ouverts – cols souvent bien trop courts qui rebiquent vers l’intérieur – le jeans ainsi qu’un blazer étriqué. Une minorité continue de porter la cravate, parfois par obligation mais surtout par choix. Je tombe dans cette seconde catégorie. 

Si la maison E. Marinella ne vous parle pas, vous allez découvrir l’essence même de la cravate. Pour ceux qui connaissent, vous ne pourrez qu’acquiescer et savourer nos photos. 

Décryptage. 

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Une italianité napolitaine revendiquée

Beaucoup a été écrit et dit sur Naples – Napule en dialecte napolitain. La ville parthénopéenne est un concentré d’art tailleur en constante ébullition. Sans doute à cause du Vésuve tout proche qui veille plus qu’il ne menace la ville. Ceux qui ont déjà eu la chance de voyager dans cette ville attesteront quant à son atmosphère si particulière. 

À Naples, les habitants ne sont pas Italiens, mais Napolitains en premier lieu. Le dialecte et l’art de vivre napoletano irriguent les relations au quotidien. Naples est un concentré de culture, de foot et de savoir-faire tailleur. 

Au 287 de la Via Riviera Chiaia se niche une échoppe plus que centenaire, une véritable institution napolitaine : E. Marinella. Si la boutique ne fait que 20m2, son rayonnement est mondial. 

La maison propose une sélection de chemises, foulards, pochettes de costume, écharpes, pulls, bérets, souliers et surtout cravates. Un choix exceptionnel à en faire pâlir plus d’un. La maison voit le jour le 26 juin 1914 lorsque Don Eugenio concrétise sa vision d’un magasin qui serait un miroir de ce qu’il y a de plus élégant, en s’inspirant des Anglais. Si le terme galvaudé de la sprezzatura a été analysé et décortiqué à tort et à travers, Eugenio Marinella défend la sobriété dans l’élégance : « ne jamais porter une chemise bleu-ciel le soir ou une cravate rouge criarde » font partie de ses préceptes. 

Grâce à un article de la romancière et journaliste Matilde Serao au début du siècle, la maison Marinella gagne de l’importance et attise la curiosité du Prince Humbert de Savoie qui se rend en personne dans l’échoppe pour s’armer d’élégantes cravates pour ses sorties mondaines. Son oncle, Emmanuelle Filiberto Duc d’Aoste, y passait des après-midi entiers. 

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Fabrication

Si nous n’avons pas encore eu la chance de visiter les ateliers Marinella, la marque est présente chaque année au Bon Marché Rive Gauche à l’occasion des fêtes de Noël. Maurizio Marinella se déplace régulièrement en personne, accompagné de deux couturières qui réalisent sur place des cravates sur-mesure.
C’est à cette occasion que nous avons pu voir le montage dans les règles de l’art d’une cravate Marinella. A titre d’exemple, la structure de la cravate - la couture qui ferme la cravate sur sa longueur - est montée à la main. C’est encore le seul moyen de garantir une main et une longévité exceptionnelle de la cravate. 

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Un bout de tissu de la collection E. Marinella Archivio

La collection E. Marinella Archivio est une machine à remonter le temps. Elle permet de (re)découvrir des tissus du passé. L’occasion de mettre la main sur de véritables pépites, des trésors qui attendent d’être déterrés. Il n’est pas rare que les hommes les plus illustres du siècle en aient portés autour du cou. 

L’archivio rassemble des tissus produits au Royaume-Uni depuis les années 1930 jusqu’aux années 1980. L’archive compte plus de soixante motifs dans plus de deux-cents couleurs qui enrichissent la collection déjà bien garnie de la maison. 

La collection archivio est ainsi un véritable cadeau que nous offre la maison E. Marinella, un cadeau à porter sans modération fièrement autour du cou. 

Je porte une cravate Marinella Vintage issue d’une étoffe datant de 1948. Je l’associe ci-dessus avec une veste et un pantalon Prologue ainsi qu’une chemise Camessi*. La cravate est d’une belle teinte bordeaux à médaillons couleur crème. Elle relève une tenue sans l’occulter. 

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*Article à découvrir bientôt. 

Texte : Marcos Eliades
Photo : Thomas M.













 

Butticé

 
 

Note : A notre demande, Butticé nous a envoyé une chemise pour la rédaction de cet article.

Déjà 6 ans que l’on suit le travail de Stépahne Butticé via son blog Gentleman Chemistry. Ce fût l’un des premiers blogueurs francophones à faire des reportages sur l’envers du décors de certains des plus beaux ateliers italiens de costumes, de chemises…Il a lancé sa marque Butticé depuis quelques mois. L’occasion pour nous de lui poser quelques questions et de vous parler de notre chemise Butticé.


Peux-tu te présenter ?

Stéphane Butticé, je suis né le 3 décembre 1986 à Blois (dans le Loir-et-Cher) – d’un père italien militaire (Général de la Guardia di Finanza) et d’une mère française. J’ai grandi à Rome et à Bruxelles où mon père a fait carrière à la Commission Européenne.

Quel est ton parcours ?

Après avoir obtenu mon BAC STG à Rome en 2006, j’ai entrepris des études de photographie à l’Istituto Europe di Design Rome (2006 à 2009) et de communication à Paris (2009 – 2013). Par la suite j’ai travaillé dans différentes Maisons de mode (Ermenegildo Zegna, Giuseppe Zanotti Design, Six & Sept…). Suite à une petite année de jobs « alimentaires » en tant que conseiller de vente chez American Apparel à Paris, en août 2014, j’ai eu envie de créer mon propre média gentlemanchemistry.com liant compétences photos et vidéos (cf les vidéos Private Cifo présentant la Maison de tailleur Cifonelli, The Wolf of Rome avec Andrea Luparelli de la Sartoria Ripense ou encore Chaussure à son pied avec le bottier Dimitri Gomez). Le travail fourni au travers de ce média est vraiment un travail de sourcing, ce qui à me différencie par rapport à d’autres médias ou magazines de presse. Un travail qui m’a aussi permis de construire un solide réseau de professionnels du métier dans différents ateliers d’artisans et boutiques à travers l’Italie principalement (Bielle, Milan, Florence, Rome, Naples, Palerme mais et plus récemment la Calabre) mais aussi la France (Paris) et l’Angleterre (Londres). Tailleurs, chemisiers, cravatiers, bottiers mais aussi drapiers & confectionneurs des 4 coins du globe figurent dans les colonnes du média.

De 2016 à 2019, j’ai été Commercial pour l’éditeur d'étoffes de luxe écossais Holland & Sherry (fournissant principalement les tailleurs pour hommes et maisons de couture du monde entier). Plus récemment, en Août 2019, j’ai lancé mon podcast : Le Podcast Gentleman Chemistry, le podcast des personnalités créant de la valeur avec style et nonchalance où l’on peut écouter des interviews passionnantes de :

  • Monsieur Nino Cerutti

  • Greg Lellouche (No Man Walks Alone)

  • Cyril Arvengas (Gabriel Paris)

  • Daniel Lévy

  • Benoît Wojtenka (Bonne Gueule)

  • Simone Ubertino Rosso (Lanificio Cerruti)

  • Laurent Laporte (Where is the cool)

  • Marc Guyot

  • Pierre Degand (Maison Degand)

  • Mathieu Lesca (Lesca Lunetier)

  • Franz-Arthur Mac-Elhone (Harry’s Bar)

  • Norbert Benaim (Willman à venir) et bien d’autres encore…

Pourquoi avoir fondé Butticé ?

J’ai fondé Butticé avec la volonté de proposer ma vision d'un style masculin qui reste élégant et immuable dans le temps, avec des capsules uniques de produits désignés à Paris et réalisés "pianissimo", à la main, à Naples, de façon exclusivement artisanale dans de somptueuses matières premières.
La philosophie de Butticé est de toujours porter une attention particulière à la valeur que l'on donne au temps, dans l'appréciation des choses simples, comme peuvent l'être : un verre d'eau fraîche, un plat de spaghettis, tomates San-Marzano, basilic et huile d'olive des Pouilles ou une pizza margherita cuite au feu de bois avec de la "mozzarella di bufala di Caserta", mais aussi, en faisant attention aux vêtements que l'on choisit pour s'habiller. Les pièces ne sont pas de simples morceaux de tissus assemblés ! Non, ce sont bien plus que des vêtements : ils peuvent changer vos journées, ils sont une extension de votre personnalité.

Ma première capsule de chemises sartoriales, numérotées (total 70 pièces exclusives), se décline en 4 coloris de tissus en coton et lin difficilement trouvables en PAP :

  • Rayures framboise Negroni

  • Rayures bleu et marron Nocciolato

  • Bleu ciel Posillipo

  • Rayures bleu ciel Avvocato

A cela s’ajoute une capsule de cravates sartoriales, roulotées à la main, non doublées, en plus de 30 variantes (jacquards et imprimés de caractère).

Quelles sont les principales caractéristiques des chemises Butticé ?

Chaque chemise sartoriale Butticé représente dans ses moindres détails un véritable savoir-faire artisanal made in Italy. Passion, tradition et créativité artistique sont déployées durant plus de six heures nécessaires à la réalisation d'une chemise Butticé sur lesquelles interviennent, sur huit passages, les petites mains de l'atelier chemisier napolitain.

Les chemises Butticé sont réalisées dans la tradition sartoriale napolitaine par les artisans expérimentés de notre atelier à Naples. Tout y est "fatto a mano" (fait main), de la coupe à la couture jusqu'au repassage. La coupe de la chemise est ajustée sans être étriquée pour un confort et mouvement optimaux. L'alliage du tissu coton et lin offre une fluidité élégante combinée avec un tombé très nerveux : ce qui fait de cette chemise, la chemise idéale pour toutes les occasions avec un col italien classique permettant aussi bien un port avec ou sans cravate. Du rendez-vous business en costume à cette promenade en bord de mer avec short et chaussures bateaux aux pieds.

La chemises sartoriale Butticé et ses huit passages main :

  1. Collo ribattuto a mano

    Le col est rabattu à la main (c’est l’une des phases les plus délicates où l’on remarque la dextérité des couturières). Le col doit posséder souplesse afin de garantir une ligne harmonieuse.

  2. Giromanica ribattuto a mano

    L’emmanchure cousue à la main permet à chacune de nos chemises de se distinguer d’une chemise industrielle cousue à la machine. La couture manuelle permet plus de flexibilité et donc plus de confort dans le fit de nos chemises.

  3. Quarto di spalla cucito internamente con seconda ribattitura esterna a mano

    Le quart d’épaule est cousu à la main afin d’offrir le bon fit. La couturière doit, dans cette phase, coudre avec minutie les parties principales constituant la chemise. Avec son « dietropunto », elle bloque la couture de l’épaule pour les finitions en dessinant une ligne impeccable.

  4. Asole cucite a mano

    La boutonnière d’une chemise doit durer dans le temps en résistant au frottement que leur font subir les boutons tout en étant souples lors de l’ouverture de la chemise. L’entrelacement de fils naissant des mains des couturières est un spectacle fascinant.

  5. Bottoni spessi in madreperla australia cuciti a mano con punto zampa di gallina

    Les épais boutons en luxueuse nacre australienne sont cousus avec l’ancienne technique du point en lys - dit zampa di gallina (pied de poule) - permettant une meilleure ouverture de la boutonnière et garantissant également plus de solidité sur la couture du bouton.

  6. Fintone (o cannoncino) cucito a mano molto stretto fermato dal suo travetto

    La gorge de la chemise est cousue entièrement à la main. L’opération consiste dans le rabattre cette partie avec un point souple qui se termine avec le « travetto » (un point au crochet), de cette façon on obtient une broderie élégante et une meilleure qualité de repassage après avoir lavé la chemise.

  7. Triangolino cucito a mano

    Il triangolino (mouche ou hirondelle) qui renforce en unissant la partie antérieure de la chemise avec celle postérieure. C’est un signe distinctif et élégant d’assurer de la solidité à la chemise et donc durabilité dans le temps pour un vêtement d’exception.

  8. Travetto sulla finta di manica (fintarella)

    Le travetto (sorte de broderie faite avec un point au crochet) arrête la fente de la manche au niveau du capucin. Il est réalisé à la main par une couturière expérimentée, venant suggérer ce je ne sais quoi de discret et de recherché à la fois, caché sous une veste. Le luxe jusqu’au bout des détails.


 
Illustration d’un coquillage d’où proviennent les boutons en nacre Image Butticé Naples

Illustration d’un coquillage d’où proviennent les boutons en nacre
Image Butticé Naples

 

Où se procurer les produits Butticé ?

Actuellement les capsules de chemises sartoriales sont disponibles sur la boutique en ligne butticeparisnaples.com mais aussi chez Ardentes Clipei et SuperStitch à Paris.

Vas-tu lancer d'autres produits prochainement ?

Pour le futur, j’aimerais développer des vestes sport, costumes, ceintures et mocassins. Des pièces telles que celles que je porte au quotidien (de la même façon que j’ai développé des chemises que je prenais plaisir à porter ces dernières années).

Quels sont les impacts liés à la Covid-19 sur ton entreprise ?

Avec mon équipe, je me demandais si je ne devais pas attendre le premier déconfinement pour créer officiellement la société Butticé Intl. (en juin dernier) ; puis je me suis dit que si je ne le faisais pas maintenant, je me serais trouvé d’autres excuses pour ne pas le faire. L’entreprenariat c’est aussi prendre des risques et se mettre un peu la pression pour y aller – mon moteur au quotidien, une fois la machine lancée, impossible revenir en arrière après tous ces efforts.

J’ai été agréablement surpris par la qualité de l’accueil auprès de la cible qui a su transformer par les toutes premières ventes dès la création de la boutique en ligne du site. Des clients — Italiens allant de Gêne à Milan, Français de Paris, Dijon, Toulouse ou Bordeaux… mais aussi LA, New-York, Tokyo et Hong-Kong avec, récemment, une commande de Mark Cho de The Armoury dont je suis assez fier — qui ont su tout de suite reconnaître la qualité du produit, mais aussi être séduits par le ton de la communication autour de la marque (j’essaye de faire et de dire ce que d’autres ne font pas, en prenant aussi une certaine forme de risques — je n’aime pas rentrer dans le moule pour exister).

Quelle est ta vision à long terme ?

J’aimerais faire rayonner Butticé comme une marque « Top of Mind » qui véhiculerait des valeurs de qualité produit exceptionnel mais aussi de lifestyle « vraiment » cool (pas fabriqué de toute pièce). Pénétrer les marchés Asiatiques, USA et Australie. Et aussi créer une agence de conseil Butticé : réunir les différents métiers de compétences allant de : la création de contenus (photos, vidéo, podcast, etc…), print (magazine, livres), stratégie d’image & communication… En créant une agence de communication de référentielle dans ce type de niche, à destination des marques désirant faire grandir leur valeur auprès de leur cible.

Merci à l’équipe Les Indispensables Paris :)

 

Notre chemise Butticé est en tissu Grandi & Rubinelli coton et lin uni coloris bleu ciel. La structure très ouverte du tissage et sa composition à hauteur de 40% de lin l’a rend idéale pour l’été. Elle se porte néanmoins facilement en hiver sous une bonne maille.
Question fabrication, on remarque assez rapidement les détails faits main, et notamment le quart d’épaule. Elle est entièrement confectionnée à Naples par l’atelier Errico Formicola.
Au niveau de la coupe, elle est droite et confortable. On a pris notre taille normale. En cas de doutes, contactez la marque, ils répondent assez vite.
Et si vous êtes sur Paris et que ces chemises vous intéressent, on ne saurait trop vous conseiller d’allez les voir de plus près chez Superstich ou Ardentes Clipei.

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Riccardo Valenti - CEO Anderson’s

 
 
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Quand je dis aux gens qu’il y a au moins une centaine d’étapes dans la production d’une de nos ceintures, ils ne me croient pas
— Riccardo Valenti, PDG d'Anderson's

Spécialisée dans le cuir fin et les ceintures tissées, Anderson's fabrique des ceintures à Parme, en Italie depuis 50 ans. L'entreprise a été fondée par Carlo Valenti, issu d’une longue lignée de maroquiniers de Parme. Son usine a rapidement établi une réputation de qualité et de savoir-faire. Ils ont développé de nouvelles techniques et finitions, alliant artisanat et outillage plus moderne.
Carlo Valenti est né en 1935. En 1960, à l'âge de 25 ans, il commence à apprendre l'art de fabriquer des ceintures dans une célèbre entreprise de cuir de Parme. Grâce à cette expérience dans le cuir, à son engagement et ses connaissances matières, il décide six ans plus tard de fonder sa propre entreprise avec quelques amis et sa future femme. Au lieu de nommer sa marque par son nom, il a préféré rendre hommage au tailleur anglais "Anderson and Sheppard", dont il portait souvent des chapeaux et des costumes. À ce jour, Anderson's est l'une des principales marques d'accessoires en Italie et l'une des plus anciennes sociétés européennes de production de ceintures pour hommes . Ce tournant a eu lieu notamment grâce au travail du collègue et ami de la marque, Bruno Pancaldi. Ensemble ils ont parcouru le monde, participant aux événements de mode les plus importants et acquérant la réputation d'une marque artisanale de qualité. Carlo Valenti est décédé en 2006, mais l'entreprise est passée à sa femme et à ses enfants Elisabetta et Riccardo, le PDG actuel. Après 45 ans d'activité, la marque est toujours entre les mains de la famille qui l'a créée et Anderson's est toujours à Parme, où une cinquantaine d’employés fabriquent chaque ceinture.

Les matériaux sont soigneusement choisis parmi les meilleures tanneries d'Italie, de France, d'Espagne et d'Angleterre. La collection principale d'Anderson's est composée de trois lignes:

  • Sport Line, pour les amateurs de ceintures avec une coupe plus classique

  • Ligne Premium, avec des ceintures en cuir de veau, crocodile, autruche, lézard…

  • Ligne contemporaine, qui propose des ceintures au design tressé en tissus de matières naturelles et “cuirs végan”

La particularité d’Anderson est que tout est fait au même endroit. C’est dans le même bâtiment où nous avons commencé. Nous y faisons tout - de la conception à la découpe, de la livraison à la teinture en passant par la couture. La force d’Anderson’s aujourd’hui est qu’il s’agit d’une marque, d’une usine et d’un produit.
— Riccardo Valenti
Pouvez-vous décrire votre processus de travail et votre routine en ce moment?

Ma routine personnelle est très «militaire» et est basée sur des cycles de 15 jours. Habituellement, sur 15 jours, je passe six jours à voyager pour m’occuper de nos bureaux / opérations à l’étranger et de nos agents / distributeurs, puis je passe deux jours à visiter nos tanneries et sept jours ici à l’usine pour assurer la production. Quand je suis à Parme, je commence généralement ici à l’usine à 07h00 par traiter mes e-mails d’Extrême-Orient et d’Océanie. Puis de 08h00 jusqu’à 12h00 je suis dans notre usine de production, et de 12h00 à 13h00 je réponds aux emails et appels d’Europe et de 13h00 à 17h00 je suis à nouveau sur la ligne de production. De 17h00 à 18h00 je regarde avec mon équipe les chiffres et le plan de production pour le lendemain. De 18h00 à 20h00 je travaille sur les mails et les appels pour les USA et le Canada. C’est ce que j’appelle une routine quotidienne.
— Riccardo Valenti for goodscph.com
 

Valstar Milano - La marque reine des blousons A1

 

 

 

 

Valstar Milano

Clairement dans notre TOP 10 de nos marques préférés. Les matières au sont top, les coupes encore la qualité de fabrication aussi. Vraiment une marque qui a toute sa place dans votre vestiaire. Ses pièces traverseront bien les années. Car finalement comment reconnaît-on un vêtement bien pensé, au-delà de la matière, de la coupe et de sa qualité ? Par le simple fait qu'il soit encore portable et désirable 10 ans plus tard.

Historique

Valstar est une marque née à Milan en 1911. Une marque centenaire qui a traversé les âges. Les plus grandes Stars portent ou ont porté du Valstar. On pense à l'acteur Humphrey Bogart par exemple. Il joue avec un trench-coat de la marque dans le film Casablanca.

Humphrey Bogart dans le film Casablanca

Humphrey Bogart dans le film Casablanca

 

Le blouson Valstarino est directement inspiré du mytique blouson A1 de l'armée américaine conçut en 1927. Et à l'inverse de ce dernier, le blouson de Valstarino est majoritairement confectionné avec un cuir très souple, en velours très souvent. Ou en agneau plongé. Le blouson conserve néanmoins les boutons sur le devant, les poches plaqués ainsi que les poignets, le col et le bas du dos en tricot de laine.

Dès 1931 le célèbre A-2 le remplace. Une vie militaire finalement très courte mais qui sera prolongée dans la vie civile grâce aux Italiens, et particulièrement Valstar en 1935.

valstar capiello waterproof

A la belle époque, Valstar fait aussi appel aux plus grands artistes publicitaires de l’époque. Ci-dessus par exemple une publicité réalisée par Leonetto Cappiello, un artiste italien qui est arrivé en France au début des années 1900.

Le blouson Valstarino a été nommé dans le livre Novantanove icone. Da segno a sogno comme faisant parti des 99 objets iconiques Italien. Au même titre que la Fiat 500, la Vespa, la cafetière Bialetti...Une vraie reconnaissance qui explique sans doute son succès au Japon. A noter tout de même que le blouson a bien entendu été revisité par rapport à sa version historique de 1935, que ce soit en terme de couleurs, de coupe ou de matériaux.  Même le logo a une histoire particulière puisqu'il est inspiré de celui utilisé par Valstar pour sponsoriser l'équipe nationale de football italienne lors de la Coupe du Monde de 1978. Avec une touche moderne et pop pour alléger le poids de l'histoire de la marque.

L'étiquette rappelle que la version historique du blouson date de 1935

L'étiquette rappelle que la version historique du blouson date de 1935

Des jeunes étudiants italiens bien stylés

Des jeunes étudiants italiens bien stylés

COLLECTIONS

Vous l’aurez compris, Valstarino est une marque entièrement dédiée au blouson A1. Valstar de son côté regroupe tout le reste de leur outerwear. Des imperméables, des blousons, des surchemises…

Du fait de son héritage dans les vêtements de pluie, vous trouverez beaucoup de matières techniques. Ou rendues techniques, par exemple grâce à la technologie Storm Système de Loro Piana. Résultat ? Des matières naturelles qui sont déperlantes, imperméables et coupe-vent.
Vous aurez les avantages de ces matières naturelles, à savoir le toucher, le confort, une certaine respirabilité…et ceux des matières techniques. Fini la sensation des K-Way d'antan qui vous  faisait transpirer dès le moindre rayon de soleil et qui finissait par vous coller à la peau.
Comment font-ils concrètement ? D'une part le tissu est traité et d’autre part une membrane* est ajoutée.
*sorte de film que l’on colle sur le tissu dont le principe est de laisser passer l’humidité vers l’extérieur (transpiration) mais de bloquer son entrée vers l’intérieur. (pluie)

D’autres marques haut de gamme du secteur utilisent ce type de tissu, comme le célébrissime Mackintosh. (aller jeter un œil au Bon Marché, un des seuls magasins de Paris qui en possède une petite sélection)

La fameuse technologie Storm System de Loro Piana (appartenant à présent au groupe LVMH)

La fameuse technologie Storm System de Loro Piana (appartenant à présent au groupe LVMH)

Mac en laine avec membrane waterproof - Loro Piana

Mac en laine avec membrane waterproof - Loro Piana

Oeillets au niveau de l'emmanchure afin d'évacuer la transpiration. S'avère souvent très utile en pratique.

Oeillets au niveau de l'emmanchure afin d'évacuer la transpiration. S'avère souvent très utile en pratique.

Le Mac Valstar équipé du tissu de chez Loro Piana : élégance et technicité

Le Mac Valstar équipé du tissu de chez Loro Piana : élégance et technicité

Un trench/mac d'été, classique dans sa version Beige

Un trench/mac d'été, classique dans sa version Beige

Collaboration avec le distributeur très select Japonais United Arrows Photos du très bon eshop français Beige Habilleur

Collaboration avec le distributeur très select Japonais United Arrows
Photos du très bon eshop français Beige Habilleur

Coutures étanches : propre, beau et fonctionnel On perçoit aussi la membrane imperméable qui recouvre le tissu : il s'agit de la partie qui brille

Coutures étanches : propre, beau et fonctionnel
On perçoit aussi la membrane imperméable qui recouvre le tissu : il s'agit de la partie qui brille

 

Autre possibilité, les cotons de chez British Millerain ou Halley Stevensons. Vous savez, ces cotons waxés qui équipent les Barbour depuis plus de 100 ans. Le principe est de tremper le coton dans de l’huile de paraffine pour le rendre imperméable. Une application déjà utilisée depuis le 15ème siècle pour graisser les voiles (grâce à de l’huile ou de la graisse de poisson) et ainsi améliorer la prise au vent, notamment sous la pluie. British Millerain est un des plus grands producteurs au monde de ce type de tissu. Que ce soit à usage civil ou militaire.

Mac Valstar en coton waxé de chez British Millerain

Mac Valstar en coton waxé de chez British Millerain

Très belle confection : on distingue la doublure imperméable

Très belle confection : on distingue la doublure imperméable

Leurs blousons A1 en laine sont aussi magnifiques. Dans le même esprit le fabricant Japonais Ring Jacket possède un modèle en maille dans sa collection. Le top du confort.

Et que dire des doublures ? C’est là qu’on voit vraiment qu’il s’agit d’une marque haut de gamme. Elle porte un soin particulier à chaque détail. Vous en trouverez en cachemire, en soie, en laine…mais aussi en matières plus techniques, matelassé avec du Thermore par exemple.
Bien entendu leurs boutons sont en corne. Et si vous faîtes attention vous verrez que souvent il y a un deuxième bouton sur l’arrière pour avoir une finition plus propre

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Equilibre de couleurs entre le vert foncé des bords côte, le vert clair du tissu principal et le tissu grainé marron de la fermeture centrale : bien pensé ! Vous noterez que l'on a testé le même modèle mais en bleu marine.

Equilibre de couleurs entre le vert foncé des bords côte, le vert clair du tissu principal et le tissu grainé marron de la fermeture centrale : bien pensé !
Vous noterez que l'on a testé le même modèle mais en bleu marine.

 

 

On ne pouvait pas ne pas mettre de photo de la version en cuir suédé du célèbre blouson Valstarino

On ne pouvait pas ne pas mettre de photo de la version en cuir suédé du célèbre blouson Valstarino

Blouson Cardigan de chez Ring Jacket

Blouson Cardigan de chez Ring Jacket

Ring Jacket : photo issue de leur eshop

Ring Jacket : photo issue de leur eshop

Une photo qui date de quelques années : Mark Cho (The Armoury) porte une Ring Jacket

Une photo qui date de quelques années : Mark Cho (The Armoury) porte une Ring Jacket

Blouson en laine Valstar à 360°

Blouson en laine Valstar à 360°

Blouson matelassé

Blouson matelassé

Doublure Thermore pour plus de chaleur - si vous avez lu notre premier article sur Aspesi vous êtes déjà famillier de cette marque

Doublure Thermore pour plus de chaleur - si vous avez lu notre premier article sur Aspesi vous êtes déjà famillier de cette marque

Belle doublure en polyamide/coton

Belle doublure en polyamide/coton

 

Distribution

Valstar est distribuée sur nos e-store préférés : Trunkclothiers, MrPorter, NomanWalksAlone, Monocle ou encore Drake’s pour ne citer qu’eux.
Pour ceux qui cherchent un blouson ou un trench, Valstar est vraiment une marque à regarder de très près.

Test et Avis

Le tissu provient de chez Limonta, un fabricant de tissu technique Italien.
La matière est bien évidemment déperlante. Mais n’ayant pas encore pris de grosse averse avec, on ne peut se prononcer sur son imperméabilité. Elle est aussi ultra légère, et chose qui pourrait paraître surprenante pour du 100% nylon, on ne transpire pas plus que du coton avec.

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La finition intérieur est très propre

La finition intérieur est très propre

Comme dit plus haut on a apprécie les détails que Valstar soigne : bord de côte en laine, et boutons en corne, zip double curseur, intérieur gansé (pas de fils qui dépasse)…

Pour vous montrer la finesse de ce tissu technique

Pour vous montrer la finesse de ce tissu technique

Le zip à double curseur : assez répandu en Italie, il s'avère être plus qu'indispensable !

Le zip à double curseur : assez répandu en Italie, il s'avère être plus qu'indispensable !

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Conclusion

On va se répéter, mais Valstar est définitivement une de nos marques préférées. Très belles matières, belle confection et prix raisonnable au regard de ce qu'ils proposent.

Diemme

 

Diemme footwear est un fabricant de chaussures situé à Onè di Fonte, une petite ville du district de Montebelluna au nord-est de l'Italie. Diemme est principalement connu pour sa production de chaussures de haute montagne, de trekking, de sécurité ou encore de chasse. Elle a été fondé en 1992 par les frères Maico et Dennis Signor, qui ont tous deux grandi dans l'industrie de la chaussure. Leur grand-père a travaillé pour les meilleures usines de chaussures à Montebelluna - chez Calzaturificio Rondini, Calzaturificio San Giorgio, Calzaturificio San Marco ou encore La Robusta -  et a même fabriqué des chaussures sur mesure pour les soldats allemands qui étaient stationnés dans cette zone pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il a continué a travailler dans l'industrie de la chaussure pendant de nombreuses années puis à réparer des chaussures jusqu'au jour de sa mort. Une source d’inspiration pour les deux frères.

Dennis Signor a commencé à travailler dans le secteur en 1983 pour une usine qui produisait des bottes de chasse. En 1992 il produit - en dehors de ses heures de travail - avec son frère une petite quantité de chaussures pour un distributeur allemand. C’est ainsi que démarre aventure, et la construction de l’usine CALZATURIFICIO DIEMME qui au fil des ans assurera la production de marques mondiales telles que Chanel, Bottega Veneta, Gucci, Salvatore Ferragamo, etc. Car oui comme beaucoup de marques italiennes, en plus de leur propre collection, Diemme produit également des chaussures pour d'autres marques et notamment pour le Japon où elles ont produit pour une grande variété de marques et de chaînes de distribution par le biais de leur partenaire japonais GMT Tokyo. Pour le design et la distribution de ses propres collections elle travaille avec la société scandinave d'Oslo Blender Agency depuis 2010. C’est d’ailleurs grâce à ce partenariat que la marque fut présente sur des e-shop tel que Odin New York, Très Bien Shop ou Oi Polloi.

Toutes les chaussures Diemme sont Made in Montebelluna, une ville réputé pour son savoir-faire dans la chaussure et ce depuis les années 1870. Tout à commencé lorsque les cordonniers locaux ont commencé à fabriquer des bottes pour les bûcherons et les montagnards de la région. Plus de 150 plus tard, Montebelluna est reconnue une ville à la pointe de la recherche dans la production de chaussures de sport techniques et performantes. Des marques comme Diadora ou Lotto se sont beaucoup développées dans la région. Pour la petite histoire, c’est par exemple à Montebelluna dans l’usine du canadien Canstar que Nike a produit la semelle de la Mercurial, la chaussure de football lancée pour la Coupe du monde de football en France, en 1998. Dans les années 2000, ce sera même le centre de 50% de la production mondiale de chaussures d'alpinisme technique et 75% des chaussures de ski du monde. Plusieurs millions de paires y seront produites.
C’est finalement pour toutes ces raisons - présence locale de fournisseurs de tissus, de semelles et de cuirs - que Diemme est en mesure de produire des séries limitées de produits faits à la main dans une meilleure qualité. Elles sont faites dans leur usine d’Onè di Fonte, dans la périphérie de Montebelluna.

Usine Diemme Crédit photo : idigyoursoleman.com

Usine Diemme
Crédit photo : idigyoursoleman.com

L’usine de Diemme a une capacité de production maximale d’environ 80000 paires par an. Les plus grandes usines chinoises fabriquent plusieurs fois ça rien que pour les échantillons.
— Erlend Güettler Hanssen, chef de produit chez Diemme, Idigyoursoleman.com
La qualité et l’artisanat sont clairement des éléments clés qui entrent dans la fabrication de vos chaussures pouvez-vous nous parler du processus pour les fabriquer et des personnes / produits impliqués ?

Si vous faites une paire pour la production d’échantillons, cela prend environ 12 heures de travail. De l’approvisionnement en matériaux à la découpe du cuir en passant par l’assemblage. Cependant, lors de la production, une équipe de 35 à 40 personnes produit une paire en environ 1 heure et 20 minutes.
— Dennis Signor, propermag.com
Lookbook Diemme

Lookbook Diemme

Lookbook Diemme

Lookbook Diemme

Lookbook Diemme

Lookbook Diemme

Lookbook Diemme

Lookbook Diemme

Diemme est principalement connue pour ses chaussures de montagne qu’elle a pris le soin de perfectionner pendant des années - sur les question du poids et l'isolation au froid -, notamment grâce aux alpinistes de l’association “Scoiattoli di Cortina”.
Cette approche de la chaussure, Diemme souhaite la partager sur d’autres catégories. Via des collaborations par exemple. On pense à Vans Vault, Carhartt Heritage, Carhartt WIP, Stone Island, PAM ou encore A.PC.

Diemme x Vans

Diemme x Vans

A.P.C. x Diemme

A.P.C. x Diemme

Cette saison Diemme a sorti une paire de basket en toile en Cordura (pour éviter les trous trop rapidement) dans le style Doek :

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Comptez 240€.

 

Berg & Berg - Le style sartorial moderne - Test & Avis du trenchcoat « Nisse »

 

« Sartorial », « tailoring » : deux synonymes qui cristallisent un même et unique style basé sur un code vestimentaire issu du monde « habillé ». Si certaines marques tendent vers un style figé basé sur la « mode » du moment, la firme suédoise Berg & Berg réussit le pari de proposer un savant mélange de pièces résultant des mondes sartorial et casual en conférant à ses tenues un aspect intemporel.

En cela, peu de pièces vestimentaires permettent de maîtriser l’art du « mix and match » comme le « trenchcoat ».
Décryptage.

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Plusieurs marques scandinaves ont rythmé le monde du vêtement masculin ces dernières années – Gabucci, Saman Amel, A Tempo Rubato –, Berg & Berg ne fait pas figure d’exception.

Il y a chez ce conglomérat de firmes un élément qui revient continuellement et inlassablement : la quête d’un style dit « intemporel ». Une sorte de potion magique. Les ingrédients essentiels à cette préparation seraient des influences italiennes et anglaises avec une touche de piment américain. Mais alors, comment faire le tri dans toutes ces nouvelles marques qui pullulent sur le net et qui se proclament les unes après les autres « stylées » ? La réponse se loge dans l’expérience personnelle que l’on entretient avec le vêtement et du désir que l’on a de piocher des éléments d’inspiration d’un style pour l’intégrer dans le sien. C’est ce que je nomme un style « cross-road ». Le « style » n’est plus figé, mais évolue et respire avec celui qui le dirige. Je pense par exemple à une tenue sartoriale – un pantalon taille haute, droit avec plis, chemise – couronnée d’une Jungle Jacket de l’armée américaine ; ou encore à un baseball cap avec un costume dépareillé (à l’instar des modèles de la marque britannique Drake’s). Le vêtement sert précisément à cela : essayer, se tromper, réessayer, se tromper à nouveau et enfin trouver sa bonne recette.

Je dois dire que Berg & Berg m’a aidé dans cette quête. Elle se distingue des autres marques en confectionnant des vêtements – tous dans la botte italienne – qui sont réellement portés et portables par le plus grand nombre. Il suffit de regarder leurs lookbooks. Tout y est très bien présenté, sans donner pour autant une vision fantasmée de leur pièces. C’est parfois un exercice d’équilibriste, mais la marque offre la possibilité de réussir de prodigieux mélanges de styles, de savants « mix-and-match ».

 “The purpose of Berg & Berg is to offer clothes and accessories that are inspired by the rich heritage of classic style, but are adapted to a modern world”.

Cela est d’autant plus surprenant que Berg & Berg est une marque relativement jeune : établie en 2009 à Oslo mais basée à Stockholm depuis 2012, elle s’est donnée pour mission de proposer des vêtements et accessoires « inspirés du riche héritage du style classique, mais adaptés au monde moderne ».

La marque a été fondée par le couple Karin et Mathias Berg et ne compte pas d’investisseurs extérieurs ; cette autonomie financière et créatrice est un point d’orgue dans la philosophie de la marque qui se dit « familiale ». Ce qui compte le plus dans cette famille, c’est le produit avec tout ce qu’il englobe : le design, la matière, la construction et la finition. Le travail du produit se fait dans des ateliers prônant un savoir-faire particulier dans le respect des traditions, jamais dans de grandes usines. La maison privilégie la qualité à la quantité.

Sur son site internet, la marque nous renseigne sur les lieux de fabrication de toutes ses pièces : à tel point que nous avons l’impression d’assister à un cours de géographie !
Les pantalons sont confectionnés à Naples, les chemises à Brescia, les pulls en Vénétie (avec une laine venant souvent d’Hawick en Ecosse, lorsqu’elle n’est pas italienne). Les chaussettes sont issues de la maison Bresciani, réputée pour la qualité de ses mi-bas (une très belle alternative aux chaussettes Pantherella). Les costumes sont faits dans les Pouilles – dans des tissus divers tels que Fox Flannels, Hardy Minnis ou encore Carlo Barbera –, les pochettes de costumes et les cravates à Côme ainsi qu’à Naples. Les écharpes sont tissées à Biella – capitale mondiale de la laine – chez Vitale Barberis Canonico ou Loro Piana.

Montage d’un polo de la marque dans la région de Bergame, au Nord de l’Italie

Montage d’un polo de la marque dans la région de Bergame, au Nord de l’Italie

Les cravates sont faites à la main, à Naples ou Côme

Les cravates sont faites à la main, à Naples ou Côme

Les machines à tricoter en Vénétie

Les machines à tricoter en Vénétie

Une ouvrière à l’œuvre : élaboration d’une chemise.

Une ouvrière à l’œuvre : élaboration d’une chemise.

Fabrication de leurs jeans à Stockholm

Fabrication de leurs jeans à Stockholm

Berg & Berg a récemment ajouté – en octobre 2019 – un nouveau venu dans son offre déjà bien large : le denim. Leur jeans a la particularité d’être fait en Suède, à Gothenburg, à base de tissu japonais de la réputée maison Kuwamora. La marque nous précise que l’atelier produisant ce jeans est si petit – il n’a que quatre employés –, qu’ils ne peuvent produire plus de 15 pairs par jour ; chaque jeans prend en effet quatre heures à monter.

C’est donc une marque presque confidentielle qui s’offre à nous. Une marque qui se soucie des détails apportés dans chaque pièce et surtout du suivi des traditions dans l’élaboration de chacune de ses pièces. La richesse de la marque se trouve dans son offre pléthorique mais maîtrisée et rationnelle : d’une saison à l’autre, Berg & Berg réinvente un classique en lui apportant un twist. A l’image, par exemple, des chemises westerns ou hawaïennes.

Chemise hawaïenne Berg & Berg

Chemise hawaïenne Berg & Berg

Chemise Western Berg & Berg

Chemise Western Berg & Berg

Pour ce test, j’ai choisi une pièce qui a longtemps fait défaut dans ma garde-robe : l’imperméable, la gabardine, le « trenchcoat », ou tout simplement le « trench ». Autant de dénominateurs communs pour caractériser cette pièce qui se veut – à tort – clivante. Cette fausse idée découle sans doute de l’histoire même de la pièce, qui remonte à la moitié du XIXème siècle.

Histoire du Trenchcoat

Si l’histoire de l’imper’ ne débute pas en 1914, il adoptera tout de même la forme iconique qu’on lui doit aujourd’hui durant la Première Guerre Mondiale. Le trench est le résultat des avancées scientifiques, technologiques, et du début de la production de masse : une histoire en résonnance profonde avec notre monde moderne.

Les trenchs sont réputés pour leur versatilité : en ville ou dans les tranchées, l’imperméable est l’allié idéal.

Les trenchs sont réputés pour leur versatilité : en ville ou dans les tranchées, l’imperméable est l’allié idéal.

L’histoire de cette pièce remonte à 1823, avec l’invention d’un coton caoutchouté, utilisé lors de la fabrication de toile imperméable à l’eau pour un usage à la fois civil et militaire. Ces « macks », nommés d’après leur inventeur Charles Macintosh, avaient le défaut de leur qualité : ils étaient idéaux pour rester au sec mais n’évacuaient pas la transpiration, ce qui engendrait une puanteur insoutenable ! Ils fondaient même en plein soleil…cela n’a pas empêché l’armée britannique de s’en équiper tout au long du XIXème siècle.

Inspirés par le marché qui venait de se créer, les drapiers ont donc continué à développer une meilleure toile, plus respirante et imperméable. En 1853, John Emary développe et brevette un tissu cochant ces cases et nomme son entreprise Aquascutum : du latin « aqua » – signifiant eau – et « scutum », pour bouclier. La pièce est un succès immédiat pour les gentlemen de l’époque qui souhaitent pouvoir rester bien habillés en toute occasion et au sec par temps incertain.

Trois ans plus tard, un jeune drapier de 21 ans de Basingstoke, Hampshire, fonde son entreprise concurrente : Thomas Burberry. Inspiré par l’accoutrement imperméable des bergers de sa région, il met au point en 1879 la « gabardine », un tissu imperméable et surtout respirant. La pièce devient rapidement un instant favorite des aviateurs et explorateurs de l’époque, à l’image de Sir Ernest Shackleton lors de son expédition en Antarctique en 1907, habillé en tissu gabardine Burberry.

L’imperméable iconique de Burberry, synonyme d’aventures et d’élégance

L’imperméable iconique de Burberry, synonyme d’aventures et d’élégance

La parfaite adaptabilité de ce tissu séduit l’armée britannique qui équipe ses troupes durant la Première Guerre Mondiale. La couleur choisie est le « khaki » – qui signifie « poussière » en Hindi – sélectionnée à la suite des expéditions successives en Inde, qui commencent déjà en 1840, afin de pouvoir se confondre avec la nature. A noter que le « khaki » ne correspond pas à une nuance précise de couleur mais désigne une teinte brune jaunâtre. Aujourd’hui, il est donc préférable de parler de la couleur « vert armée » ou « vert militaire » lorsque l’on souhaite évoquer le vert foncé terne.

La dénomination « trench », est issue des « tranchées » exiguës de la Grande Guerre : l’accoutrement résistant des soldats permit de palier les conditions très difficiles de cet habitat belliqueux improvisé. Un vêtement utilitaire, d’une longueur conséquente et de forme croisée. Après la guerre, l’imper’ d’Aquascutum connaît lui aussi un succès considérable : le Prince de Galles – futur Roi Édouard VII – en accorda même un royal warrant en 1897.

La guerre des tranchées laisse place à celle dans les armoires : la paternité du trenchcoat est discutée entre les maisons Aquascutum et Burberry. Cette dernière apparaît toutefois avantagée : fournisseur des uniformes « khaki » de l’armée britannique, et en 1912 Burberry décide de breveter la longueur de la pièce « jusqu’au genou » en la baptisant « Tielocken ». Le manteau compte une ceinture de serrage au niveau de la taille ainsi qu’un col aux revers généreux.

Le Tielocken : long et généreux afin de couvrir et protéger son porteur –  Vous noterez aussi le S à BURBERRYS. Non ce n’est pas une contrefaçon

Le Tielocken : long et généreux afin de couvrir et protéger son porteur –
Vous noterez aussi le S à BURBERRYS. Non ce n’est pas une contrefaçon

A l’issue de la guerre, le trench est propulsé sur le devant de la scène internationale et séduit même Hollywood durant son âge d’or. Le trenchcoat devient sociologique : il est porté par des acteurs à l’écran portraiturant des gangsters, détectives ou encore des femmes fatales. C’est ainsi une des rares pièces – avec le jeans – qui se retrouve aussi bien dans le vestiaire masculin que féminin. Le trench est synonyme de panache et de poigne.

La fièvre du trench gagne aujourd’hui les designers qui proposent leur propre déclinaison de cette pièce iconique : courte, longue, droite, croisée, colorée ; autant de déclinaisons possibles que d’appellations du mythique imper’.

Comment ne pas vouloir alors porter un bout d’Histoire sur ses épaules ?

Test & Avis du trenchcoat « Nisse »

Raglan Coat coloris Beige

Raglan Coat coloris Beige

Gabardine de coton japonaise

Gabardine de coton japonaise

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il convient de faire une distinction primordiale entre trois termes qui portent souvent à confusion mais qui sont fondamentaux à la compréhension de l’étanchéité d’une pièce : water-resistent, water-repellent et waterproof.

Water-resistent : est la plus faible des trois protections. Le tissus résiste à l’eau, mais non pour une durée conséquente et ne garantit pas une étanchéité exceptionnelle.

Water-repellent : le tissu est hydrophobe, c’est-à-dire qu’il ne laisse pas pénétrer l’eau et la maintient sur la surface pour une durée conséquente. Mais n’est pas une armure efficace lors de pluies torrentielles pendant une longue durée. La propriété water-repellent est souvent obtenue lors de l’étape de finissage du tissu via des traitements chimiques comme le traitement DWR (durable water repellent).

Waterproof : le tissu est non seulement déperlant comme dans le cas du water-repellent, mais aussi pendant plusieurs heures. Il faut cependant garder à l’esprit qu’un tissu n’est jamais totalement imperméable : au bout d’un temps suffisamment long, une goulette d’eau finira toujours par le traverser. C’est pourquoi l’on voit parfois une indication du type 800mm à 5000mm. C’est une mesure qui représente la hauteur d’eau minimale à laquelle les premières gouttes d’eau vont commencer à traverser le tissu. Cette hauteur de colonne d’eau donne la mesure de l’imperméabilité.


« Hey Sherlock Holmes ! », « Inspecteur Gadget ! » : voilà le genre d’apostrophes auxquelles nous pouvons être assujettis en portant l’imperméable. Je souhaite passer outre celles-ci car si l’image du trench véhicule une certaine idée dans l’imaginaire collectif aujourd’hui, c’est aussi une pièce qui permet de s’amuser, tout simplement.

Je suis client chez Berg & Berg depuis 2016 et je remarque que tous mes achat sont des pièces « fortes » qui m’ont permis de franchir un cap : polos en laine mérinos, pantalon avec plis et pinces, gilets sans manches ou encore col roulé en laine/cachemire. L’imperméable Berg & Berg est confectionné en 100% coton japonais, hydrophobe « water repellent ». La pièce est doublée en 100% viscose, contient une ceinture de serrage amovible et des boutons en corne invisibles. Ce trench est fabriqué en Italie.

Berg & Berg utilise FedEx comme moyen d’expédition, ce qui a l’avantage d’être rapide. Comptez toutefois un minimum de 200 euros pour bénéficier d’une livraison gratuite. C’est élevé, certes. Mais c’est aussi le contrepoids d’une entreprise qui ne finit de grandir et souhaite se développer rationnellement. D’autant que la marque n’a pas de boutique physique en Suède, tout passe par leur site internet. Je reçois donc l’article après avoir passé commande sur l’eshop, et je dois dire que le packaging est impeccable : sont fournis un cintre et une housse protectrice pour le trench. Une attention qui en dit long sur l’ADN de la marque, celui de toujours vouloir faire les choses simplement et efficacement.

Pour cet imper’, j’ai choisi la taille 44. Je cherchais une coupe qui n’était pas très près du corps mais pas ample pour autant : Berg & Berg taillant normalement. J’ai tout de suite beaucoup aimé la longueur conséquente de la pièce : 110 cm. Je voulais respecter un minimum les caractéristiques historiques du trench. Aujourd’hui, il est coutume de dire que cela confère un aspect un peu « rétro », mais c’est une fausse idée car ce sont les imperméables proposés par les marques d’aujourd’hui qui souffrent – à mon goût – de rétrécissement. Il faut selon moi réussir à dépasser ce dicton qui veut que les vêtements longs soient faits pour les personnes de grande taille. Cette idée a longtemps été mon mantra, me causant même quelques blocages ; mais l’expérience m’a permis de me rendre compte que cela était avant tout une affaire de goût : il faut pouvoir – et réussir ! – se sentir à son aise dans ses choix vestimentaires. Donc un conseil, si vous souhaitez acquérir un trench, préférez-le avec une longueur généreuse, vous me remercierez.

Je l’ai par ailleurs choisi dans une couleur beige/sable qui renvoie de suite aux origines historiques de la pièce. Quitte à avoir un imperméable digne de ce nom, autant qu’il soit de cette couleur, non ? C’est une nuance très facile à porter, qui sied à tout le monde et s’accorde avec toutes les couleurs d’une garde-robe. Il ne faut pas avoir peur des salissures ! Laissons la pièce vivre dans le temps. A noter que Berg & Berg propose également le même modèle en bleu. Voici le rendu, porté par Andreas Weinas.

Le boutonnage de cet imper’ est droit, mais la ceinture (amovible) à la taille permet de le transformer justement en croisé : il suffit de serrer la ceinture – j’effectue un nœud en le plaçant toujours sur le côté, non sur le devant, pour un rendu visuel plus fort – et de croiser légèrement les deux pendants. C’est, pour moi, un des avantages de ce type de construction : il permet de choisir et d’alterner avec un boutonnage droit ou croisé, two-in-one !  Vous me connaissez un peu désormais, ce sont mes « OVC » - Obsessions Vestimentaires Compulsives – qui parlent…

3 photos de gauche : L’imperméable permet de réaliser de savoureux « mix and match » et de casser ainsi le côté parfois trop imposant de la pièce. Avec des mocassins comme ci-dessus ou avec des sneakers comme ici-bas. Notez la fente à boutons dans le dos, une caractéristique à l’héritage militaire.

2 photos de droite : Le jeans blanc est une excellente alternative au jeans bleu, il permet de construire une tenue avec une forte identité visuelle.

La matière de ce pardessus est vraiment agréable : pour un tissu technique, il est étonnamment doux. Il protège efficacement contre la pluie, dans la limite de son appellation « water repellent ». Il est d’autant plus surprenant – et j’en suis agréablement surpris – de trouver des matières japonaises sur ce type de pièces, au demeurant fabriquées en Italie. C’est donc un très bon point et une belle découverte pour cet imper’.

Le trench compte deux poches poitrines internes et deux poches externes, toutes les quatre assez profondes. Concernant la ceinture de serrage, comme je l’ai mentionné plus haut, j’aime beaucoup. C’est pour moi un des éléments clefs d’un trench. Ce que j’aime ici, c’est le côté hybride de la pièce : généralement, les imperméables à boutonnage droit n’ont pas de ceinture, mais Berg & Berg réussit à l’intégrer, sans que cela n’altère la silhouette ou la rende bizarre. Pendant longtemps, je me suis demandé l’utilité de la ceinture lorsque je ne ferme pas mon trench : est-ce que je l’enlève, est-ce que je la laisse ballante, est-ce que je fais un nœud derrière ? La réponse est qu’il n’y en a pas. C’est le porteur qui décide. Je remarque cependant que j’opte assez souvent pour le nœud à l’arrière, sans raison particulière, sans doute car j’ai vu mon père l’effectuer depuis toujours et le mimétisme permet de construire, étape par étape, son propre style.

La construction dans l’ensemble est très solide, avec des coutures bien nettes. Les manches sont raglans et comme vous le savez je raffole de ce type de construction, il est pour moi inconcevable que les trenchcoats n’en aient pas. La manche raglan prend tout son sens avec un imperméable : c’est typiquement avec ce type de pièce qu’un layering – ou « couches d’oignon », le fait de construire une tenue en plusieurs strates de vêtements afin de rester au chaud – est possible. Il est ainsi envisageable de porter un jeans, une chemise OCBD, un sweat gris chiné, une veste Trucker Lee – ou une Levi’s Type II en chinant – et de poser ensuite le trench sur ses épaules. Porter un gros col roulé donne aussi un très joli rendu visuel, et vous resterez bien au chaud. Je déteste avoir froid et suis parfois obsédé par le choix idéal d’une pièce vestimentaire afin d’affronter mère nature… « OVC », what else ?

Le trench est réellement une pièce intemporelle avec une forte identité visuelle et historique, mais je souhaitais justement changer du traditionnel Burberry et je n’ai pas été déçu. J’ai toutefois relevé deux bémols.

Le premier se trouve au niveau du col. Pour moi, il n’est pas assez conséquent – à l’image d’un Tielocken – mais il permet tout de même à la pièce d’être plus discrète et de ne pas prendre le dessus sur l’ensemble de la tenue, visuellement du moins. Le deuxième est son prix conséquent. J’ai cependant pu l’acquérir en soldes. Les soldes chez Berg & Berg sont justement l’occasion de faire de réelles belles affaires, mais les pièces partent vite ! Je vous conseille ainsi de faire un repérage en amont et de noter les pièces qui vous intéressent, pour limiter le risque de ne pas les manquer.

CONCLUSION

J’ai horreur de l’obsolescence programmée de nos appareils électroniques. J’aime à penser qu’une pièce de vêtement suit la même logique. Si elle est de bonne facture, elle nous suivra pendant longtemps et ne souffrira pas – ou peu – les affres du temps. Je ne parle pas ici de modes passagères qui s’évanouissent d’année en année. J’aime beaucoup cette phrase de Baudelaire, extraite du Peintre de la Vie Moderne : « Il s’agit (…) de dégager de la mode ce qu’elle peut contenir de poétique dans l’historique, de tirer l’éternel du transitoire ». C’est une des raisons pour lesquelles j’aime autant le trench : il permet de savoureux mélanges de styles, des « mix and match » ingénieux et la promesse d’un style intemporel.

Le trenchcoat Berg & Berg cochent toutes les cases de la pièce indispensable et intemporelle. C’est une pièce forte, « totale » : lorsqu’on l’endosse, on ne voit qu’elle. C’est un point qui me plaît beaucoup car je peux jouer avec ce côté (trop) fort : pour le casser, je peux par exemple troquer mes mocassins pour une paire de sneakers. Je vous invite par ailleurs à regarder quelques idées de tenues sur le compte Instagram de notre ami Japonais Shuhei Nishiguchi. (ici , ici ou encore )

Le trench est réellement une pièce d’investissement, mais alors pourquoi ne pas en avoir choisi un de seconde main proposé par les magasins spécialisés ou les salles de ventes aux enchères ? J’aurai pu, il est vrai. Mais je souhaitais créer ma propre histoire avec ce trench, une pièce qui vieillira avec et pour moi. Qui se patinera avec le temps et s’adaptera à ma morphologie. Et lorsque je le transmettrai à ma progéniture, je pourrai lui dire « Here’s looking at you, kid ».

Texte et photos : Marcos Eliades

Instagram : lord_byron1

VOGUE ITALIA - 3 mois d'accès gratuit aux archives en ligne

Suite à l’épidémie mondial de Coronavirus, Vogue Italia offre un accès public gratuit à ses vastes archives en ligne. Une mine de documents qui devrait bien vous occuper un bon bout de temps pour peu que vous soyez curieux.

Comment y accéder ? C’est très simple, rendez-vous sur Archivio.vogue.it

Comme expliqué sur Vogue.it, il faut souscrire à l’offre FULL ARCHIVE SUSCRIPTION (initialement à 990€/an) puis rentrer le code VARCHIVE4YOU pour bénéficier de la gratuité pendant 3 mois.

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Ces archives vont des années 60 à aujourd’hui. Le champ de recherche est donc assez vaste.
Quelques mots clés que l’on a essayé : ASPESI, HERNO, LORO PIANA, ZEGNA DI BARUFFA, LANIFICIO FRATELLI FILA, BUBERRY, YVES SAINT LAURENT, VALSTAR, RALPH LAUREN, INCOTEX, LINEAPIU, TOLLEGNO, ALBINI…
Cela vous donne accès à la fois aux articles mais aussi aux publicités. L’on peut ainsi voir l’évolution d’une marque (et plus largement de la société) au fils des ans.

Un numéro vaut particulièrement le coup d’oeil : septembre 1987. Cette édition comprend un dossier spécial sur les tisserands italien qui travaillent la laine. On y parmi retrouve les meilleures entreprises du pays : RATTI, CARLO BARBERA, GIUSEPPE BOTTO, PIACENZA, LUIGI BOTTO, COLOMBO, DONDY JERSEY, MARZOTTO, BONOTTO…
Un must have pour ceux qui s’intéressent de près aux tissus. Les activités de chacun de ses tisserands y sont décrites brièvement.

Dans le Vogue Italia 1987 - dossier spécial sur les tisserands italien de laine

Dans le Vogue Italia 1987 - dossier spécial sur les tisserands italien de laine

Trunk Tailors - Italie, Asie et Australie + Interview exclusive

 
 

L'univers du menswear en Australie est en pleine effervescence depuis quelques années. De très belles marques se créent. Comme P.Johnson*, Christian Kimber et...Trunk Tailors dont on va vous parler aujourd'hui.
Vous vous demandez peut être pourquoi nous prêtons autant d'attention à ce qui se passe à 15 000 km de chez nous ? La raison est simple, le continent australien n'a pas le même historique que le Royaume-Uni ou l'Italie en matière de vêtements. Un état d'esprit différent peut donc y naître plus facilement.

*pour ceux qui voudraient en savoir plus on avait déjà écrit un article ici ou encore

 

HISTOIRE

La marque est née en septembre 2014, fondée par Jack Liang et Homie Yang. Pourquoi choisir nom de Trunk Tailors ? Tout simplement parce qu'ils voyagent à proximité de Melbourne pour leurs rendez-vous de prise de mesure, d'essayages...Ce qu'on appelle communément un trunk show. Sous-entendu, un showroom itinérant.

Jack Liang et Homie Yang / Photo de Theversatilegent.com

Jack Liang et Homie Yang / Photo de Theversatilegent.com

Une aventure qui a commencé avec très peu de moyens. Juste de l'envie et une passion pour le vêtement masculin. Il est inspiré dans un premier temps par le style workwear avec des marques comme Visim ou Red Wing. Mais c'est en ayant besoin d'un costume pour un travail l'été qu'il en vient à s'intéresser de plus près au tailoring. S'en suivra quelques voyages en Italie, la Mecque en matière de menswear. A Naples, Florence ou encore Milan. Jack y achètera quelques vestes, surpris par la qualité du travail effectué par les différents ateliers visités. De retour en Australie, ses fluctuations de poids le dissuaderont de commander à distance. Après un an et demi de recherche, il finiront par trouver un tailleur à Hong Kong qui travaille avec une vingtaine d'employé.

 

We started with almost no capital, two return flight tickets and some vintage fabrics that we had saved. We are not models by profession, have very little knowledge in art and are not trained in sales.
— Jack Liang / Theversatilegent.com - Octobre 2017

INTERVIEW EXCLUSIVE

L’équipe de Trunk Tailors a gentiment accepté de répondre à nos questions.

What is your background before starting this adventure?

My partner Homie Yang used to work in Harrolds, a high-end menswear retail shop in Melbourne prior to Trunk Tailors. I am admitted as a lawyer but quit my job at PricewaterhouseCoopers after working in corporate for 5 and half years to pursue this full time. Over the years, we have traveled and commissioned bespoke garments all around Italy, Japan and other regions. For us, it is the raw nature of tailoring, the lack of marketing that you would find in high end retail that attracted us. What most don't realise when they come in for an appointment is that it is truly one of the last remaining experiences where one can choose any fabric from around the world, have us source a deadstock fabric from Paris, request a particular lapel shape or have anything made from scratch. Yes, most tailors focus on colour of lining, buttonhole and monograms to get a client and their partner excited. However, for us, we are constructing a real hand made product intelligently. The idea of a blank canvas excites us. 

Photo de Jamie Ferguson alias Jkf_man

Photo de Jamie Ferguson alias Jkf_man

Your suits are fully canvassed while the Australian climate might suggest that you would opt for something lighter. What do you think?

As all our suits are made by hand from scratch, we are versatile with every commission and tend to use the thinnest layer of canvas for our spring summer commissions. For a normal business suit, we recommend full canvas or light canvas (still full but thinner). For a tweed or casual suit, we tend to go without any canvas. The reason is that most tweed are bouncy and heavy with their own characteristics, you simply don't need to add anything more to shape the garment. For something like linen, wool silk linen mix etc, we find that the garment should mold with the wearer and gets better with every crease. 


Your brand is very influenced by the Italian style. It's been a few years since this style is very popular on the Internet. Are you not you afraid that this trend will run out of steam?

I'd say our style is simply born out of necessity. It may be somewhat Italian, but i'd like to think in Australia it is more universal and we simply adapt to our every day life. For instance, I think the days of layers of canvas and sculpturing a man's body is over. Whether it is Italian or not, I think it is simply because it is 2018, we are much more aware of our own skin, and half the guys in Australia bench press way more than they need to in the gym. Therefore, there is no need to accentuate their physique like older days as the English would. Soft shoulders, lighter construction are here to stay, but that doesn't mean wearing a suit should be sloppy. 

There is a trend to dress as if you just put it on without thought, you shouldn't. I think one should still stay well groomed, learn to press your suit, iron your shirt, shine your shoes and dress proud. 

Photo de Jamie Ferguson alias Jkf_man

Photo de Jamie Ferguson alias Jkf_man


Have you planned to do trunkshows abroad?

We currently travel 3-4 times a year to other major cities in Australia and China. There is no 'ambition' to do beyond that in the short term. We are a very small team and our workshop simply cannot facilitate a much larger increase in volume. It is one of our great luxuries to be able to work with a small workshop and be able to hone in on every single garment design and to facilitate the design process with each individual client, something a factory cannot do. If we were to increase our volumes, our fundamental customer experience will deteriorate and we simply won't be as focused on our customers. 

 

OFFRE


La prise de commande est légèrement différente d'une offre MTM (Made to Measure) classique. Toutes le mesures sont prises par Jacket et Homie puis envoyées à leur tailleur. Celui-ci réalise le patron en partant de zéro. Ils insistent là-dessus. Car dans une offre de MTMT standard, il n'est pas possible de faire beaucoup d'ajustements sans déséquilibrer le patron. En reprenant tout à zéro, la marge de manœuvre est beaucoup plus grande. En pratique il est donc possible de retoucher le placement de ce qu'on appelle en anglais la "gorge" par exemple. Ce ne sont donc pas moins de trois essayages qui sont nécessaires.

trunk tailors

Cylistes amateurs tous le deux, ils comprennent bien l'importance d'une bonne prise de mesure. Dans leurs cas c'est d'avoir un pantalon qui puisse gommer visuellement leurs cuisses un peu trop volumineuses.

It’s all handmade ; You may not realise it now, but after wearing it for a while you’ll start to feel the difference
— Jack Liang / Thehounds.com.au Août 2016
Photo Trunk Tailors - Ici à Paris chez Lafayette Saltiel Drapiers

Photo Trunk Tailors - Ici à Paris chez Lafayette Saltiel Drapiers

 

DISTRIBUTION

Ils ont un showroom situé à Melbourne. Petit comme peuvent l'être certaines boutiques italiennes. Jack se rappelle par exemple que la boutique du fabricant de cravate Marinella à Naples est toute petite. Il ne s'y attendait pas.

La marque distribue également des cravates de chez Drake's, des lunettes de Nackymade, des parapluies Francesco Maglia et bientôt leurs propres polos de chez Luca Avitabile.

 

LOOKBOOK

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Photo Trunk Tailors

Photo Trunk Tailors

Photo Trunk Tailors - Tenue casuale

Photo Trunk Tailors - Tenue casuale

 

Fortela - Nouveautés Printemps/eté 2018

 

C'est un peu devenu une habitude, chaque fois que l'on séjourne dans la capitale Lombarde, on passe faire un tour dans la boutique Fortela. Un parce que le manager de la boutique, Kensuke Takehara est très sympathique mais aussi pour y découvrir les nouveautés, suivre le développement de la marque.

Plusieurs collaborations sont à l’ordre du jour. Avec De Petrillo, une marque de costume Napolitain qui possède son propre atelier de confection (qui produit également le label Gaiola, une version plus accessible de De Petrillo). La marque rattrape son retard sur les réseaux sociaux, vous en entendrez donc très certainement parler. Probablement par l'intermédiaire d'Alessandro Agazzi qui est mandaté pour promouvoir la marque.

Les vestes sont souvent doublées, avec une construction entoilées ou semi-entoilée.

On remarque quelques détails emprunts de l'univers "tailleurs", comme la présence de fils blans sur les épaules ou les manches qui rappellent ceux des fils de bâtis utilisés dans le sur-mesure

On remarque quelques détails emprunts de l'univers "tailleurs", comme la présence de fils blans sur les épaules ou les manches qui rappellent ceux des fils de bâtis utilisés dans le sur-mesure

 
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Une autre collaboration est proposée avec la marque italienne Bagutta qui produit des chemises depuis 1975. Des chemises à l'inspiration très cow-boy, très en lien avec l'identité vestimentaire d'Alessandro Squarzi. Elles sont majoritairement "made in Italy". Une des caractéristiques du renouveau de Bagutta.

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Le magasin milanais distribue également une nouvelle marque de maroquinerie italienne : Acateborsa. Vous pouvez suivre Nicola Radano si voulez voir les sacs Acateborsa (bien) portés au quotidien.

Sacs Acateborsa

Sacs Acateborsa

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Fortela propose aussi ses propres sacs

Fortela propose aussi ses propres sacs

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Alden

Alden

Kensuke Takehara

Kensuke Takehara

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Détail des boutons de  manchette

Détail des boutons de  manchette

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O'mast : visionnage gratuit et complet en ligne !

 

L'un des plus beaux films réalisés sur l'art sartorial napolitain est à présent entièrement disponible en ligne gratuitement ! Et sous-titré en anglais !

Et que dire de la bande son : écoutez le passage de 5 min à 7 min 20 secondes. De toute beauté ! Sans parler de cette voix rauque d'Antonio Panico...

1h15 d'immersion dans l'art sartorial napolitain

Le réalisateur est Gianlucca Migliarotti. Il a en outre réalisé Liverano Liverano È poi c’è.
Pour comprendre sa vision du monde et donc du vêtement masculin, vous pouvez lire cette excellente interview donnée ici dans le cadre de la présentation du film il y a quelques années en arrière. En 2011 pour être précis.
Une interview pleine de vérités. Je me sens un peu obligé de vous la commenter en quelques lignes. Vous y retrouverez l’explication sur la différence entre le Bespoke et le Made To Measure. Et pour la faire courte, elle rejoint celle d’Hugo Jacomet dans son interview récente pour BonneGueule : le costume Bespoke est réalisé à partir d’une feuille blanche. Le costume en demi-mesure s’appui quant à lui sur des patrons déjà existant qui sont réajustés à vos mesures.
Le Bespoke tailoring est un vrai travail d’ARTisanat. Gianlucca pense que le costume bespoke est imparfait par définition : il est réalisé à partir de rien et entièrement à la main. La perfection est le synonyme des costumes industriels. Il rejoint ainsi une théorie esthétique Japonaise : le Wabi Sabi. Une forme de beauté se dégage des objets imparfaits. 
Gianlucca est également un observateur très fin. Par exemple, sur la différence entre la culture vestimentaire à Milan et Naples. Entre ceux qui s’habillent en Prada et ceux qui vont chez un tailleur Bespoke. Entre ceux qui portent du noir (très courant à Milan) et ceux qui préfère plus de couleur. (à Naples).  

If you have to go to a business meeting, it’s considered much more elegant to wear a navy suit and dark brown shoes.

Si vous devez aller à un meeting d’affaires, il sera considéré plus élégant de porter un costume bleu avec des chaussures marron” : sous-entendu que de porter des chaussures noires avec un costume sombre.
— GIANLUCCA MIGLIAROTTI

Bon film !

 

Neoretrostreetstyle - Interview

 

 

Maxime est l’auteur de l’excellent blog photo NeoRetroStreetStyle. Il nous a gentiment accordé une interview.

Maxime photographié par Scott Schuman lors de son passage chez Sartoria Ripense pour la réalisation d’un costume bespoke.Ce blouson A1 est vendu dans cette boutique si ça vous intéresse. Vous en trouverez également un peu partout ailleurs dans Rome,…

Maxime photographié par Scott Schuman lors de son passage chez Sartoria Ripense pour la réalisation d’un costume bespoke.
Ce blouson A1 est vendu dans cette boutique si ça vous intéresse
. Vous en trouverez également un peu partout ailleurs dans Rome, la Mecque de la Suède Jacket d'après Maxime.

PS : habituellement Maxime ne porte pas de lunettes. Cette photo a été prise spécialement pour le site de Scott Schuman, facebythesartorialist !

Pour moi un homme qui a du style est capable d’avoir de l’allure de la tête au pied avec un budget de 20 euros...! Mais bon c’est beaucoup plus facile en étant habillé en Liverano, Ambrosi, Dalcuore ou Himel Brothers. Même le jardinier du coin serait élégant.
— Maxime Tormen

Bonjour Maxime, peux-tu te présenter rapidement ?

Bonjour Thomas, j’ai 28 ans, j’habite actuellement à Londres mais je viens de Nancy en Lorraine. Mon parcours ? J’ai quitté la maison de mes parents dès l’âge de 14 ans pour me consacrer au foot en tant que gardien de but. D'abord au centre de formation du FC Metz, puis au Stade de Reims et de l'As Cannes jusqu’à l’âge de 22 ans. N'ayant pu accéder au niveau professionnel, j'ai arrêté le foot du jour au lendemain. J'ai alors repris les études et j’ai trouvé une formation pour avoir l’équivalence Bac en un an. Avec ce diplôme, mes connaissances en "Mode" et mon premier blog, j’ai réussi à intégrer l’école Mod’art international directement en 3ème année de Licence. Ensuite j’ai passé un master que j’ai obtenu.
Le diplôme en poche, je suis parti à Rome sans aligner 3 mots d’italien et j’ai réussi à intégrer l’Accademia Dei Sartori dans laquelle j’ai passé avec succès mon diplôme 6 mois après. Ensuite j'ai fait mes premières armes chez Ilario Piscioneri, un tailleur Romain, chez qui j'ai appris à coudre. Après je suis parti chez Andrea Luparelli, la fameuse boutique Sartoria Ripense. Au final j'ai dû rester 3 ou 4 ans en Italie. C’était une bonne expérience.
Mais je voulais apprendre l’anglais car je n'alignais pas un seul mot. Et c’est important dans le business. Du coup j’ai réussi à me faire financer une formation d’anglais à Londres. Pendant mon temps libre je voulais trouver un stage sur Savile Row. Mark Cho m’a mis en contact avec Kathryn Sargent et j’ai pu intégrer son entreprise. Ma formation terminée, je pouvais rester travailler chez Kathryn mais mon salaire ne me permettait pas de vivre à Londres.
Je travaille actuellement chez Ralph Lauren à Londres. Je m’occupe d’un tout nouveau service de customisation et j’alterne avec le service tailleur. Parallèlement , je tiens 2 blogs dont NeoRetroStreetStyle. Je pense être un autodidacte.

De quand date ta passion pour les vêtements ?

Cela doit remonter à l’âge de 11 ans. A l’époque j’étais un fan de rap Us (East Cost). Il n'était pas rare que je prenne le train pour aller chercher mes vinyles chez urban music à Châtelet car je trouvais pas ce type de musique en CD. C'était lépoque où je portais du Avirex, Timberland, Clarks, Air force One bullrot, Enyce et toutes ces conneries là.
Je me suis toujours intéressé à la contre-culture en général depuis mon plus jeune âge. Le vêtement en faisait partie intégrante. Depuis j’ai évolué...

A quelle occasion t’es-tu dit que tu allais faire un blog de photos ? En ayant vu le travail d’un Scott Schuman ? A l’occasion d’une participation au Pitti Uomo ? D’ailleurs quel est ton ressenti sur le salon ?

J’ai commencé mon blog à l’époque où The Sartorialist commençait à partir en cacahuète. J’aimais bien Mister Mort mais c’était parfois un peu trop "clochmoutte" à mon goût et je ne me retrouvais pas vraiment dans les street blog menswear de l’époque. C’était trop fashion et too much.
Alors je me suis dit : pourquoi ne pas créer un blog en essayant de trouver le juste milieu entre élégance et style naturel, intemporel. Je pense d'ailleurs investir dans un nouvel appareil photo prochainement...
J’ai du faire 4 ou 5 Pitti Uomo ! Malgré ce qu’on pourrait penser à première vue, l’ambiance est plutôt bonne, les gens sont sympas et tu peux voir un peu comment le business fonctionne. Tu as tout le gratin menswear mondial, tu y découvres de nouvelles marques et tendances. Il y a également des soirées un peu partout dans la ville, ça vie, c’est vraiment sympa, j’ai de bons souvenirs.  C’est un peu un concours du type le mieux habillé du salon et comme tu as pu le constater, 85 % des participants en font un peu trop. Mon boulot est de shooter les 15% restants.

 

Ta photo préférée ?

Pour ma photo préféré je dirais une des photos de Kamoshita. J'ai souvent de la chance avec lui, j'ai le temps et il est toujours très souriant quand il me voit le shooter...C'est peut être à force de le croiser un peu partout depuis quelques années.

 
militaire fille corduroy bruxelles M65
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Peux-tu nous raconter l’histoire de la photo ci-contre ? Parce que c’est très très rare de croiser des filles habillés comme ça.

Oui c’est une photo prise à Bruxelles durant un séminaire avec mon école de Mode à l’époque. On avait parfois un peu de temps libre et au lieu d’aller au Starbucks café, j’en profitais pour vadrouiller un peu dans la ville, je suis tombé sur cette fille et j’ai shooté.

 

Ton classement des personnes connues les mieux habillées du salon Pitti Uomo ? 

En parlant de classement, ils devraient effectivement inventer un classement du type le mieux habillé du salon, autant pousser le délire jusqu’au bout...!
Difficile de répondre à ta question, je dirais Karl Edwin Guerre, il fait un peu ce qu’il veut, ça déconne jamais, et puis il a cette nonchalance qu’on naturellement les "black". Sur ce que j’ai vu au dernier Pitti 90, je dirais Chad Park de Bn tailor. Ou les types de The armoury, Brycelands & co, Kamoshita, les frères Castillo de MAN1924, Simone Righi..et 2,3 italiens inconnus. Quand tu regardes mon blog, tu peux t’apercevoir qu’à chaque Pitti c’est souvent les mêmes que je shoote. Ces mec maîtrisent parfaitement les codes et ont une culture sartoriale poussée c’est sur, mais bon c’est direct beaucoup plus facile en étant habillé en Liverano, Ambrosi, Dalcuore ou Himel Brothers. Même le jardinier du coin serait élégant. Pour moi un homme qui a du style est capable d’avoir de l’allure de la tête au pied avec un budget de 20 euros...! Noburo Kakuta avec son physique de vieux sage est favorisé. Il est vrai qu'il maîtrise parfaitement les proportions et les nuances de bleu, mais on ne peut pas dire qu’il prenne beaucoup de risques...Voilà après ça reste que du visuel...

Karl Edwin Guerre tout en couleur

Karl Edwin Guerre tout en couleur

Simone Righi

Simone Righi

 

Ton Linkedin précise que tu as fait l’Accademia dei Sartori à Rome et Mod'art International Paris. Y as-tu appris des choses concrètes ? Rejoins-tu l’avis d’un Antonio Liverano ou d’un Patrick Johnson qui pense qu’on n’apprend rien dans les écoles de modes ? 

Je les rejoins oui et non, ça dépend ce que tu entends dans école de mode. Il faut faire la part des choses et être objectif. Certains profs, c'est vrai, ont une conception du luxe qui n’est pas vraiment la mienne, c'est sûr, mais j'ai appris pas mal de choses (dans la première école Mod’art) notamment au niveau du business, du management, de la communication et du marketing en général. Je suis parti à Bangkok, Milan et Hong Kong en séminaire grâce à cette école. J’ai pu y rencontrer des créateurs d’entreprise. C'est d'ailleurs à ce moment que j’ai pu rencontrer l’équipe de The Armoury. Cette école avait aussi organisé une visite chez Degand à Bruxelles, le célèbre magasin consacré à l’élégance masculine. Je pourrais te citer d'autres points positifs. Après ça dépend peut être des écoles mais je ne vais pas cracher sur une école qui ma donné ma chance...!

Et concernant le métier de tailleur, je suis d’accord avec eux sur le fait qu’on apprend mieux sur le terrain, c’est une réalité. J’ai appris avec des tailleurs qui ont réalisé des costumes pour Cary Grant, qui ont travaillé plus de 30 ans chez Brioni à la belle époque ou encore chez Valentino avec plus de 40 ans dans la confection. J’ai rencontré des gens vraiment compétents.

 
Cela dépend aussi des tailleurs, il ne faut pas écouter les choses qu’on entend par-ci par-là comme quoi tel ou tel serait le meilleur. Je ne vais pas citer de noms, mais il y a des tailleurs (ou stylistes plutôt), qui ne méritent vraiment pas leurs renommées quand tu t’approches un peu plus près de leurs vestes.
Devant la boutique Liverano Liverano à FlorenceCredit Photo : Gentleman Chemistry

Devant la boutique Liverano Liverano à Florence

Credit Photo : Gentleman Chemistry

 

Comment s’est passé ton apprentissage chez Sartoria Ripense ? Qu’as-tu appris ?

Je me souviens, je suis arrivé chez Ripense avec mon air ahuri. Andrea sortait de son bouiboui d’en bas et m’a accueilli avec le sourire italien...Je lui ai demandé s'il pouvait m’accueillir pour parfaire mon apprentissage, et le lendemain j’étais opérationnel. Au début c'était vraiment difficile. Puis après quelques mois et beaucoup de travail je devenais plus productif. A la fin j’arrivais presque à réaliser ce qu’on appelle « la secondo prova » ( le deuxième essayage). Je le remercie encore car c'est vraiment là que j’ai tout appris, avec lui et le personnel ultra qualifié.

Le sur-mesure est-il vraiment le saint graal ? Un avis ?

Le sur-mesure est bien pour les personnes avec un physique particulier. Après c'est bien aussi pour les connaisseurs passionnés, les gens qui recherchent des tissus, une coupe, des détails en particulier. Cela dépend aussi des tailleurs, il ne faut pas écouter ou lire les choses qu’on entend par-ci par-là comme quoi tel ou tel est le meilleur. Je ne vais pas citer de noms mais il y a des tailleurs (ou stylistes plutôt), qui ne méritent vraiment pas leurs renommées quand tu t’approches un peu plus près de leurs vestes. Parfois les clients ramènent leurs vestes bespoke réalisées par d’autres tailleurs pour qu’on les retouche et il m’est arrivé pas mal de fois d être surpris en découvrant un travail de sagouin. Souvent des blogueurs bespoke postent des détails zoomés de vestes tailleurs en croyant que ça été bien réalisé alors que je vois tout de suite que c'était bâclé. Il y a certains détails que même les "connaisseurs" (et parfois même le tailleur) ne voient pas car ils ne fabriquent pas la veste. Et puis le travail à la main n’est pas toujours un gage de qualité, la machine est parfois plus efficace sur certaine parties de la veste. Donc voilà, il faut faire attention, surtout à Naples…

Si tu as un physique basique, de la personnalité et que tu connais un bon retoucheur, tu peux avoir de l’allure pour pas grand chose.

Maxime en plein travail dans l'atelier Sartoria RipenseCredit photo : VeryGoodLord

Maxime en plein travail dans l'atelier Sartoria Ripense
Credit photo : VeryGoodLord

Un avis également sur les tailleurs italiens qui fleurissent sur Internet ?

Ils ne fleurissent pas, ils existent depuis bien longtemps, c’est juste que c’est une tendance. Ils font un costume aux acteurs bloggers connus dans le milieu et ça part. J’ai une liste concernant le nombre de tailleurs en Italie dans mon premier livre de l’Accademia Dei Sartori, il doit y en avoir plus de 500. Rien qu’a Rome, il y en a partout, c’est juste qu’ils ne font pas communication.

Tu as également travaillé à Londres pour Kathryn Sargent,  la première tailleur bespoke londonienne. Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, peux-tu la présenter rapidement? Pourquoi avoir rejoint son équipe ? Quel était ton rôle ?

Oui pour le coup c'est une vraie "Master Tailor" (elle peut se permettre de poser avec les ciseaux). Au départ je ne la connaissais pas vraiment, c’est Mark Cho de l'équipe The armoury qui m’a mit en contact avec elle. Elle a travaillé plus de 15 ans il me semble chez Gieves and Hawkes, elle était cutter. Elle a créée son entreprise il y a 5 ans maintenant. D’après internet elle aurait même réalisé des costumes pour David Beckam et le prince Charles. Je garde le secret, mais il m’est arrivé de croiser des vedettes ! Au niveau des finitions, je dois admettre qu’elle fait partie du top sur Savile Row, et d’après ce que j’ai vu les femmes sont plus pointilleuses..

J’ai appris pas mal de choses pendant ces quelques mois, notamment à monter les manches, ou encore à réaliser le first fitting. Elle a une boutique sur Savile Row et un magnifique atelier situé à Brookstreet situé juste à côté.

Fort de ces 2 expériences, préfères-tu l’école anglaise ou italienne ?

Les anglais ont une manière de travailler complètement différente de celle des italiens. Quand je suis arrivé a Savile Row, ils m’ont pris pour un fou avec mes techniques de vieux Calabrais. De mon expérience, j’ai naturellement une préférence pour les italiens mais les anglais sont plus structurés dans leur manière de travailler et ça se ressent sur le résultat final.

Tes bons plans (boutiques, friperies…) à Rome et Londres ?

A Rome, il faut aller au Porta Portese le dimanche matin, c'est le meilleur marché que j'ai pu faire. Tu peux trouver du bespoke pour 3 euros.. du vintage américain pour 1 euro...du Ralph pour 2 euros...faut fouiner. Sinon tu peux trouver pas mal d'objets design.
Tu peux aussi aller jeter un coup d’œil chez Federico Polidori, c'est un artisan qui travaille le cuir. Ce qu'il fait est fantastique.
Bien évidemment, tu peux faire un tour à la boutique Sartoria Ripense, il y a une sélection bien choisie.
Deux autres boutiques sympas qui me viennent à l'esprit, s’appellent VillaBorgheseRoma (située via Po 158, ils ont un site internet) et Blue Marlin Roma : bonne sélection militaire et vintage.
Et si tu cherches des gants de qualité, il y en a à tous les coins de rue.

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Boutique Federico Polidori rue del Piè di Marmo

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Boutique Blue Marin, située rue Regina Margherita

A Londres, les tips sont assez connus des gens qui s'intéressent au sujet. Pour le vintage il y a le Portobello Market le vendredi, Bricklane A Shoreditch le jeudi matin me semble-t-il. Pas très loin, il y a une boutique qui s’appelle House of vintage situé à Cheshire Street.

Chez Camden aussi il y a des trucs sympas. Il y a aussi le fameux The Vintage Showroom à Covent Garden. Et beaucoup de friperies dans les alentours de ce que je t’ai cité. Sinon tu peux jeter un œil rues Jeremy Street et Savile Row. il y a Lock & Co par exemple.

The Vintage Showroom à Londres

The Vintage Showroom à Londres

Récemment j’ai découvert une autre boutique de vintage américain avec une très bonne sélection.J'ai oublié son nom...elle se situe à Crystal Palace.

Pour finir, j’ai vu sur ton Instagram que tu faisais de la moto. Que penses-tu de la circulation à Rome ou dans l’Italie en général ? C’est un vrai plat de spaghetti ?
D’ailleurs tu portes quoi ? Des vêtements que tu affectionnes ? 

Oui, j’ai passé le permis moto juste avant de partir en Italie. J'ai toujours rêvé de pouvoir sillonner en moto les routes de Toscane, dans le coin des CinqueTerres ou au bord du le lac de Côme. Étonnamment je préfère la circulation Romaine que Londonienne. A Rome, tu fais un peu ce que tu veux, il suffit juste de s’imposer et les gens te laissent passer, ça marche comme ça. A Londres c'est très dangereux, il y a beaucoup trop de bus, taxi, et cyclistes. Sans compter les touristes qui traversent en regardant du mauvais côté. Je dois risquer ma vie au moins 5 fois par jour.
Là je prépare un nouveau Road Trip en Écosse pour Mai. J’essaye de réduire au maximum mes bagages car ma moto (Ducati Monster) n’est pas conçue pour ce type de voyage normalement. Du coup je suis en ce moment même en train de customiser ma bonne vielle Barbour International en rajoutant deux poches arrières. Si on compte mon pantalon cargo vintage de l’armée française, je devrais avoir pas mal de place.

J’ai pas mal de pièces favorites, surtout des blousons. Pour moi un beaux blouson est indispensable. Ma type A1 en cuir naturel réalisé par Mister Freedom est une de mes préférées. A l'achat, elle était blanche. Aujourd’hui elle a une patine orangée incroyable, je suis remonté de Rome à Nancy en moto avec ce blouson,, j'ai de bons souvenirs ! Sinon mon gilet brown’s beach d’Anatomica, ça fait pas mal d’années que je l’utilise couramment, par dessus un pull, en doublure sous une Barbour, au dessus d’un t-shirt et même sous un costume. Il est très pratique également quand je travaille, avec ses 4 poches.

ROME BARBOUR
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Ces couleurs ! Mamamiaa...On est bien à Rome.

 

Federico Fellini s'exprime sur la mode

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Frederico Fellini n'est autre que le père de la Dolce Vita, ce film franco-italien mondialement connu qui a notamment reçu un oscar pour les costume en 1962.

Ici Marcello Mastroianni et Anita Ekberg dans la Dolce Vita

Ici Marcello Mastroianni et Anita Ekberg dans la Dolce Vita

Journaliste : Avec le design, je sais que vous avez un rapport de tranquille indifférence. Et avec la mode ? Qu'est ce que vous aimez porter, à part un écharpe et un chapeau ?

F. Fellini : J'ai l'impression de m’habiller toujours de la même manière. Bien sûr, je me rends compte que je ne porte plus de culottes courtes ni de pantalons de golf. Il me semble que j'ai une prédilection pour une sobriété vaguement anglo-saxonne, un peu au hasard. Autrefois j'aimais m'habiller tout en noir, comme une sorte d'alter ego de Mastroianni dans mes films, costume noir, chemise blanche, chapeau Borsalino, celui de Huit et demi.*

* NDLR : Huit et demi est un film produit par Federico Fellini

 

L'Interview complète est disponible dans le Livre Qualità scènes d'objets à l'italienne. Nous avons sélectionné le passage concernant uniquement la mode. Le reste aborde d'autres sujets tout aussi intéressants : les voitures, les objets, les films...

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Ah l’Italie…

Liverano Liverano

 
liverano liverano florence
Crédits : I Colori Di Antonio

Crédits : I Colori Di Antonio

Si vous vous intéressez à l’univers du vêtement, et en particulier celui du costume, vousavez vraisemblablement déjà dû entendre parler d’Antonio Liverano.

Sa médiatisation (sur internet j’entends – il faudrait d’ailleurs inventer un mot pour ça) est intimement liée à celle de l’excellente équipe TheArmoury à Hong Kong. Ces 3 entrepreneurs ont mis en lumière, via de magnifiques photos notamment (cf le tumblr Ethandesu), le travail des meilleurs artisans mondiaux du vêtement masculin. Et c’est également eux qui ont produit le film.

 

Personnes clés  du documentaire

Antonio Liverano : tailleurIl maestro

Le documentaire est construit autour de lui. Il a rejoint Florence à l’âge de 20 ans pour travailler avec son frère et sa belle sœur. Au début ilstravaillaient ensemble pour des tailleurs mieux installés à Florence. Il s’agissait de leur « petites mains ». Puis petit à petit, avec le bouche à oreille ils se sont développés.

Antonio est un autodidacte. Bien entendu son frère et sa belle sœur lui ont beaucoup appris. Mais il n’a pas eu de vrai maître. Personne ne l’a profondément influencé, il s’est développé tout seul et n’a cessé de regarder le monde qui l’entoure. Surtout lorsqu’il travaillait au-dessus du restaurant Sabatini dans lequel il a vu passer des célébrités américaines : Gary Cooper, Gregory Peck…
Il s’est forgé un œil critique et ce notamment sur les tenues vestimentaires de ces acteurs Hollywoodien dans leurs films. Cela a grandement participé de sa progression. Son œil s’est affuté. Il précise qu’encore aujourd’hui, lorsqu’il voit un homme bien habillé, il n’hésite pas à s’arrêter pour regarder. - et ce toujours dans l’idée qu’il peut perfectionner et s’inspirer pour son propre travail -
Un peu comme Bruce Lee qui puisé ce qu’il y avait de meilleur dans chaque art martial pour créer son propre style : le Jet Kundo. Oui Antonio c’est le Bruce Lee des tailleurs. Rien que ça.

Et pour ne rien gâcher, il a les pantalons les mieux coupés du monde. Enfin à mon sens. Pourquoi ? Sans doute parce que je fais partie des personnes qui préfèrent quand le pantalon ne « casse pas » sur les chaussures et qu’il est porté assez haut. Le style années 30 en plus moderne.

Ici lors d’un évènement du luxueux Rake magazine : De droite à gauche : Lorenzo Cifonelli, Edward Sexton, Richard Anderson, Antonio Panico, Antonio Liverano et John Hitchcock.N’a-t-il pas le pantalon le mieux coupé&nbsp;? (Ok Lorenzo Cifonelli n’est…

Ici lors d’un évènement du luxueux Rake magazine : De droite à gauche : Lorenzo Cifonelli, Edward Sexton, Richard Anderson, Antonio Panico, Antonio Liverano et John Hitchcock.
N’a-t-il pas le pantalon le mieux coupé ? (Ok Lorenzo Cifonelli n’est pas en reste)

Autre exemple ici avec Bruce Broyer – Auteur notamment du livre True Style dont j’ai commencé la lecture -Crédit : Thearmoury

Autre exemple ici avec Bruce Broyer – Auteur notamment du livre True Style dont j’ai commencé la lecture -
Crédit : Thearmoury

Il suffit sinon de regarder ses photos sur Google image : je ne le prends quasiment jamais en défaut. Le tombé de son pantalon est tout simplement miraculeux.

Et que dire de ses Alden de 15 ans d’âge ! 15 ans ! Mis à part les plis d’aisance, elles sont comme neuves. J’ai d’ailleurs lu qu’Alden travaille également pour des personnes handicapées. On peut donc imaginer qu’ils savent comment réaliser des chaussures confortables. 

liverano liverano florence
Oui oui ce sont bien les Alden d’Antonio (je n’ai pas pris une photo au hasard sur internet)Crédit : Ethandesu

Oui oui ce sont bien les Alden d’Antonio (je n’ai pas pris une photo au hasard sur internet)
Crédit : Ethandesu

Présentons à présent son bras droit : Takahiro Osaki alias Taka 
Son Instagram ici (il ne le met pas à jour très souvent)

liverano liverano florence taka

Il vit depuis 10 ans à Florence. Il est arrivé en tant qu’étudiant dans une école de langue où il a appris l’Italien. C’est ainsi qu’il a connu Antonio. Il accompagnait un ami qui souhaitait avoir un costume Bespoke. Taka faisait la traduction. Après quelques autres échanges, Antonio lui a proposé de venir travailler pour lui.
Et il lui a proposé d’une façon plutôt directe : « Tu as de beaux yeux, pourquoi ne viens-tu pas travailler pour moi ? » Véridique ! Ah ces italiens… (voir l’interview de Taka rapportée sur le site de Mark CHO ici )
Après une semaine passée chez eux à voir comment ils fonctionnaient Taka décida d’accepter.
Taka est donc parti de zéro, il ne connaissait rien à l’art Sartorial. Antonio lui a donné sa chance.
Et à raison ! Taka développe ainsi l’idée capitale qu’être être un gentleman ne consiste pas seulement à porter des vêtements élégants, c’est beaucoup plus large et vaste que cela : le savoir être et le savoir-vivre doivent également refléter un certain style, une certaine beauté.
Pour développer votre sensibilité, vous pouvez par exemple allez dans les musées afin de voir comment les couleurs s’accordent. Ou dans la nature. Chaque saison à ses couleurs particulières (et ses températures) et qui devraient vous inspirer à vous habiller.
D’ailleurs je vous conseille d’aller à Florence, vous comprendrez pourquoi c’est là bas qu’on fabrique parmi les meilleurs costumes du monde. Je suis naturellement passé devant leur boutique Via dei Fossi mais celle-ci était malheureusement fermée pour cause d’inventaires.

Ceux qui habitent à Paris : le Louvre et le musée d’Orsay vous attendent.

Gallerie Uzzi (en partie rénovée en 2014 par la maison Fendi)Crédit : Wikipédia

Gallerie Uzzi (en partie rénovée en 2014 par la maison Fendi)
Crédit : Wikipédia

Parc de Versailles en automne

Parc de Versailles en automne

Peux ceux qui ne peuvent ou ne veulent aller dans des musées mais s’intéressent tout de même  à l’histoire de la couleur, ses interactions et perceptions il existe quelques livres à ce sujet. Je vous conseille de commencer par ceux de Pastoureau.
Vous y apprendrez des choses peu expliquées : « Dans une voiture, le plus important pour moi est la couleur de la carrosserie. Je ne suis du reste pas le seul à lui donner de la priorité : différentes enquêtes d’opinion conduites au cours des cinq dernières décennies ont montré que la couleur était non seulement un critère de choix important lors d’un achat d’un véhicule, mais parfois même le critère le plus important après le prix : plus que la marque, plus que le modèle, plus que les performances ou tout autre qualité, ce qui compte pour certains acheteurs, plus qu’on ne croit, c’est la couleur.»

La couleur est un des aspects fort du film. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si le tire du documentaire est : Antonio’s color. L’équipe Liverano Liverano aide le client à choisir les couleurs qui lui vont (en fonction de son teint, la couleur de ses cheveux, de son style général..) età les associer également afin de créer des contrastes agréables à l’œil.

 

Vous remarquerez que Taka et Antonio ont pour habitude d’utiliser des écharpes aux couleurs vives pour égayer leurs tenues hivernales.

Taka en Barbour et écharpe multicolore Liverano

Taka en Barbour et écharpe multicolore Liverano

Qemal Selimi :
Son instagram ici

liverano liverano florence qemal selimi

Il est fait partie de la nouvelle génération de l’équipe Liverano Liverano. A ces débuts, il n’a pas hésité à parcourir plusieurs centaines de kilomètres de manière quotidienne pour travailler avec Antonio.

liverano liverano florence

Le deuxième garçon de la nouvelle génération Liverano Liverano est Coréen. Il a fait une école de mode à Milan. Mais Antonio n’a pas confiance dans ces écoles. Pour lui elles n’apprennent rien ! En tout cas sur l’art Sartorial. Cela rejoint l’avis de Patrick Johnson (un tailleur Australien qui monte, qui monte…) qui dans une interview explique qu’au début de ses études dans le célèbre Saint Martins College of Art and Design il pensait que « Helmut Lang était la meilleure chose au monde ». Mais ça c’était avant qu’il ne rencontre un tailleur basé à Londres.

C’est probablement une des raisons qui poussera Antonio à créer une école sur l’art Sartorial dans les années à venir. Un peu dans l’esprit de l’école de fabrication de chaussures sur mesure du très respecté Stefano Bremer (parti malheureusement trop tôt). Mais ces projets prennent du temps. Patience, patience…

Gianlucca Migliarotti

Le réalisateur est Gianlucca Migliarotti. Il a en outre réalisé O’mast & È poi c’è.
Pour comprendre sa vision du monde et donc du vêtement masculin, vous pouvez lire cette excellente interview donnée ici dans le cadre de la présentation de son autre film O’mast il y a quelques années en arrière. En 2011 pour être précis.
Une interview pleine de vérités. Je me sens un peu obligé de vous la commenter en quelques lignes. Vous y retrouverez l’explication sur la différence entre le Bespoke et le Made To Measure. Et pour la faire courte, elle rejoint celle d’Hugo Jacomet dans son interview récente pour BonneGueule : le costume Bespoke est réalisé à partir d’une feuille blanche. Le costume en demi-mesure s’appui quant à lui sur des patrons déjà existant qui sont réajustés à vos mesures.
Le Bespoke tailoring est un vrai travail d’ARTisanat. Gianlucca pense que le costume bespoke est imparfait par définition : il est réalisé à partir de rien et entièrement à la main. La perfection est le synonyme des costumes industriels. Il rejoint ainsi une théorie esthétique Japonaise : le Wabi Sabi. Une forme de beauté se dégage des objets imparfaits. Geoffrey en a également déjà parlé dans cet article.
Gianlucca est également un observateur très fin. Par exemple, sur la différence entre la culture vestimentaire à Milan et Naples. Entre ceux qui s’habillent en Prada et ceux qui vont chez un tailleur Bespoke. Entre ceux qui portent du noir (très courant à Milan) et ceux qui préfère plus de couleur. (à Naples).  

If you have to go to a business meeting, it’s considered much more elegant to wear a navy suit and dark brown shoes.

Si vous devez aller à un meeting d’affaires, il sera considéré plus élégant de porter un costume bleu avec des chaussures marron” : sous-entendu que de porter des chaussures noires avec un costume sombre.
— Gianlucca Migliarotti

Mais les lignes bougent, et à coup de blogging je pense qu’on va y arriver aussi en France. Encore 10 ans. Le noir ne sera plus que réservé qu’aux soirées très formelles.
Le McDo en prend lui aussi pour son grade même si la culture napolitaine résiste plutôt bien au mondialisme. Effectivement difficile de s’imaginer un garçon habillé de bas en haut en Liverano Liverano (ok ce tailleur est florentin, mais peu importe) et qui va manger au Mcdo du coin. Impossible.  A la trattoria du coin oui. La culture Sartoriale n’aurait pas pu se développer sur un autre terrain. C’est la culture du beau et de la patience. Et une fois que cette sensibilité au beau est développée, celle-ci s’applique partout et tout le temps. Votre lifestyle devient autre.
Cette vision de la vie et du vêtement est comme nous l’avons vu globalement partagée par le clan Liverano Liverano. L’interview qui est faite de Gianlucca Migliarotti ressemble de ce point de vue beaucoup à celle de Taka. C’est une récurrence qui s’explique probablement par le fait que lorsque vous avez beaucoup observé et réfléchi à une question particulière vous arrivez aux mêmes conclusions mais par des chemins différents.

La patte Liverano Liverano

Qu’est ce qui fait la différence entre Liverano et les autres tailleurs ?  
Comme le dit Antonio la veste doit transpirer la passion transmise par le tailleur. Et cela passe par un ensemble de détails qui font qu’un costume de chez Liverano ne ressemble à nul autre.

Caractéristiques de leurs costumes :

  • L’épaule est légèrement débordante pour donner plus de carrure. Au niveau visuel celle-ci se rapproche de l’épaule Romaine. Classique et « propre » donc. Pas de décorations superflues. Pas de Spalla Camicia à l’horizon.

  •  Il y a très peu de padding (rembourrage au niveau des épaules). C’est une caractéristique encore assez rare à trouver en France. Mais là encore, à coup de blogging je pense que dans les années à venir la tendance devrait s’inverser. Si si vous verrez.

  • Les revers plutôt généreux (i.e pas étroits à la The Kooples).

  • Une proche poitrine plutôt basse pour souligner le col et le revers.

  • Des vestes à trois boutons en général mais utilisées comme des vestes à deux boutons en « roulant » la partie basse des revers.

  • Un costume de chez Liverano reste plus léger dans sa construction qu’un costume Romain, mais toutefois plus structuré qu’un costume Napolitain.

Bien entendu pour atteindre une certaine harmonie chaque détail est étudié comme faisant partie d’un tout : c’est un savant mélange de proportions entre les épaules, les revers ou encore le col. (Exemple : Les larges revers contrebalancent les épaules débordantes)

Présentation des matières, toute plus belles les unes que les autres

liverano liverano florence dormeuil
liverano liverano florence tissu dormeuil zegna
liverano liverano florence tissu zegna dormeuil vitale

Des matières qui viennent de chez Zegna, Draper’s ou encore le français Dormeuil. Vous remarquerez que les tissus employés sont plus colorés (plus clairs en fait) que ceux que l’on peut trouver dans le Nord de l’Italie (plus de gris foncés).

Au-delà des détails techniques expliqués plus haut quelles sont les caractéristiques de la maison florentine ?
Il faut savoir qu’Antonio a toujours le dernier mot. Il laisse le  client s’exprimer et proposer ce qu’il aime. Antonio fait mine d’être d’accordmais à la fin c’est toujours lui qui choisira. Toujours.  Bien entendu Antonio est habile. Il n’impose pas sa vision des choses. Il arrive à convaincre le client tout en douceur.

Et comme précisé plus haut, vous ne pouvez pas choisir votre tissu en mode « open bar ». Ce choix sera plutôt effectué en fonction de vos caractéristiques propres (la couleur de vos cheveux, de votre peaux, votre style général…) et de vos envies (uncostume en tweed par exemple) : ils vous proposeront alors 3-4 tissus qui vous correspondent.

Dernier point : le prix : ça reste très cher pour la plupart du commun des mortels mais dans la moyenne des prix que l’on trouve dans la Grande Mesure. Notons également que le mot cher reste relatif, surtout quand on sait que la construction d’une veste à la main peut nécessiter plus de 80 heures. Mais c’est un autre débat.
A noter également que les chemises ne sont pas fabriquées sur place (contrairement aux pantalons et vestes donc) mais dans un atelier à Naples.

POUR ALLER PLUS LOIN

Antonio raconte une anecdote sur un client qui, ayant déjà plusieurs tailleurs, voulait s’attacher ses services parce qu’il trouvait son travail plus classique (par opposition aux autres tailleurs plus modernes)
Antonio lui répond qu’il n’y a pas de costumes modernes ou classiques : ils créent du beau et tout le monde aime le beau. 

« noi facciamo il bello […] il bello piace a tutti »

La laideur se vend mal disait Raymond Loewy. Mais encore faudrait-il savoir ce qu’est le beau et comment on définit ce qui est beau ?
 Je ne veux pas faire de la philosophie de comptoir, mais le beau peut être compris au sens classique du terme (vision grecque) à savoir une harmonie des proportions. C’est un jugement quasi-scientifique. Parce que si je vous demande : qu’est ce qu’un beau vêtement ? Je sais déjà ce que vous allez me répondre : la matière, la coupe, les détails : en somme il y a des règles à respecter. Je suis plutôt d’accord. Mais je ne sais pas si la réponse est aussi simple.  On peut estimer que c’est un peu réducteur.
Antonio précise d’ailleurs bien que « tout le monde aime le beau ». Y compris donc ceux qui n’ont pas connaissance des règles à priori.
Il reprend ainsi une partie de la contradiction apparente formulée par Kant (antinomie du goût)  - oui oui vous êtes bien sur un blog de mode - :  à savoir qu’il existe un sens commun du beau (le beau est universel : tout le monde trouve beau - ou presque - la 9eme symphonie de Beethoven ou plus simplement un couché de soleil : pas besoin de l’expliquer ou de faire une démonstration mathématique)…mais en même temps le beau est subjectif et propre à chacun.
Ces questions sont épineuses mais cruciales. Et comme l’explique Luc Ferry dans son livre, le sens du Beau, j’ai un peu l’impression d’être moi aussi un de ces joueurs d’échec du jardin du Luxembourg qui rejoue sans cesse les mêmes parties alors que les meilleurs ont déjà trouvé ces combinaisons de coups depuis des décennies. Alors bien sûr, aucune théorie esthétique n’a réussie à être admise par unanimement par tous les philosophes comme étant vraie mais des avancées ont été faites en la matière et il serait dommage de ne pas en profiter.
D’ailleurs Luc,  si tu lis ses lignes (sait-on jamais, il suit bien assidûment Sex and the City) peux-tu nous aider à définir le beau ? La différence entre art et artisanat ? Entre beau et joli ? Le beau est-il intemporel ? Qu’est ce que le bon goût ?
Pour en finir avec les « A chacun son goût » / « Les goûts et les couleurs ce ne discute pas » / « l’idée du beau n’est que subjective ». Et surtout parce qu’en arrivant à discerner le beau du laid, les hommes choisiront toujours le beau.

Pour clore cette anecdote sur les costumes modernes et classiques, il faut tout de même savoir que les coupes des costumes Liverano ont été réactualisées. Elles sont plus étroites pour coller à l’air du temps. Donc oui leurs costumes sont beaux, mais non ils ne sont pas intemporels.
Cela tombe sous le sens, qui voudrait porter aujourd’hui les costumes d’il y a 50 ans ? Personne.
Les morphologies ont changées et les idées de ce que l’on se fait d’un costumeaussi.

Gary Grant – La mort au trousse

Gary Grant – La mort au trousse

Pour le reste je ne vous en dis pas plus. Il reste encore des pépites dans le film dont je n’ai pas parlé. (Et ca été dur de me retenir)
 A vous de le découvrir ;-)

En résumé
Le film/documentaire est très beau et permet d’aller plus loin dans la réflexion générale autour du vêtement. Comme O’mast, dans Antionio di Caolori, vous n’y apprendrez que peu de notions et techniques sur l’art de fabriquer un costumes. C’est d’avantage un film sur la vie d’Antonio.

Pour qui : les passionnés ET les autres aussi
Langues : version originale en Italien et sous-titré dans plusieurs langues : Anglais / Japonais / Italien / Chinois
Réalisateur : Gianlucca MIGLARIOTTI
Bande son : Jazz, jazz et jazz
En bonus du DVD vous recevrez un livret avec quelques photos et les remarques du réalisateur et des producteurs.

liverano liverano florence the armoury

Où se procurer le DVD : TheAmoury.com ou Drakes.com
Personnellement je l’ai acheté sur le site TheArmoury (Hong Kong): je n’ai eu aucun problème pour réceptionner le colis. Par contre il n’y avait pas de suivi de colis. (Pour les petits colis) Donc en cas de problème c’est peu pour votre pomme…Je vous conseille donc de l’acheter sur le site de Drakes. Ils sont positionnés en Angleterre. Et si vous êtes de passage à Londres c’est encore mieux.

Disponible également sur Itune sinon.