Becfin, rue de Grenelle

À Paris, les boutiques qui vendent de l’Alden ne courent pas les rues. Alors quand un magasin en fait le cœur de son rayon chaussures, ça mérite bien un article. Ce magasin, c’est Becfin, une adresse toulousaine tenue par Cédric Bonnamy, qui vient d’ouvrir au 31 rue de Grenelle. Nous y sommes passés.

Une sélection facile à porter

Premier constat : tout se porte. Aucune pièce n’est compliquée à associer au reste de la garde-robe. On y trouve le bon costume, la bonne chemise, la bonne chaussure. Par « bon », nous entendons une fabrication très bonne, mais aussi le juste milieu : une chemise au col ni trop petit ni trop grand, des costumes dans des tissus classiques, mais beaux. Rien de trop extravagant ou de trop terne. Ce sont des vêtements faciles à porter, qui s’accordent entre eux sans effort.

Dit comme ça, ça paraît bête, mais c’est exactement ce qu’on attend d’un multimarques : que le tri soit fait avant qu’on passe la porte.

Ça marche aussi bien pour le formel que pour le décontracté. Le magasin habille pour un rendez-vous en costume comme pour un samedi en jean et chukka, et une bonne partie du vestiaire passe de l’un à l’autre sans broncher. Le site découpe d’ailleurs le catalogue en corners (militaire, Ivy League, denim, soft tailoring, tailoring), ce qui donne une assez bonne idée de l’amplitude.

 
 

Le casting

Côté tailleur, c’est l’Italie. Lardini, Tagliatore et Caruso font les vestes et les costumes, Berwich et Bernard Zins les pantalons, Salvatore Piccolo et Alessandro Gherardi les chemises. La maille vient de Mc George of Scotland, Drumohr ou Roberto Collina. Pour les pièces d’extérieur, il y a Herno, Harris Wharf London et Valstar (avec son Valstarino, évidemment).

Vient ensuite un rayon plus détendu, avec Fortela et East Harbour Surplus. Drake’s et Adriano Meneghetti se partagent les accessoires.

Aux pieds, c’est essentiellement de l’Alden. Il y en a un peu moins qu’à Toulouse, nous a précisé Cédric, du moins pour ce démarrage. Autour, on trouve Henderson, Castaner et Sebago, qui sort même une Docksides Portland en édition Becfin.

 
 

Alden en largeur D

C’est sans doute la meilleure nouvelle du magasin. Sur son e-shop, Becfin aligne une quarantaine de références, cirage et embauchoirs compris : des mocassins, des boots, du suède, du cordovan. Comptez 965 € pour la plupart des modèles en veau ou en suède, 1 195 € pour le shell cordovan. Oui, ça pique. Becfin y ajoute ses propres modèles : un Plain Toe Blucher en cordovan Color 8 sur semelle crêpe, un derby demi-chasse et un penny en suède, une chukka.

Mais le vrai sujet, c’est la largeur. Becfin vend de la largeur D, ce qui est loin d’être facile à trouver - chez Alden, une pointure, c’est une longueur et une largeur : 9 D, 9 E…. Concrètement, la plupart des modèles existent en D, certains aussi en E. Et ça se voit : en D, l’Alden est plus fine, plus jolie au pied.

On avait déjà une Plain Toe Boot, et on la trouvait un peu pataud sur l’extérieur, vue du porteur. Le modèle de Becfin corrige ce problème.

Seule règle, évidemment : essayer avant d’acheter. Les formes Alden ont leurs caprices, et la bonne pointure n’est pas toujours celle qu’on croit.

 
 

Pour mieux connaître Cédric, styliste-modéliste de formation, cette vidéo vaut l'écoute : il y revient sur son parcours.

Becfin — 31 rue de Grenelle, 75007 Paris — bec-fin.com