Le Ledger de Bleu de Chauffe

Note : À notre demande, Bleu de Chauffe ont accepté de nous envoyer le sac que vous allez découvrir dans cet article

Je cherchais un sac qui me serve à la fois au bureau et pendant mes week-end, et je me rends compte en l’écrivant que c’est un peu le mouton à 5 pattes que tout le monde cherche.

Dans les faits, un sac de bureau ressemble presque toujours à une sacoche de commercial : sac en nylon noir ou gris, petit logo discret, voire même porte-badge intégré. Le sac du week-end est souvent plus beau, mais il est trop grand pour la semaine et rarement bien pensé à l’intérieur, si bien que l’ordinateur finit au fond, sous le pull et la trousse de toilette oubliés de l’avant veille.

 
 

Depuis le début des années dites menswear, tout le monde connaît l’une des solutions : c’est le porte-documents Filson en toile canevas et détails cuir que ses fans se trimballent depuis lors. Le Ledger de Bleu de Chauffe arrive sur ce terrain, légèrement plus fin et fabriqué en Aveyron.

Je ne sais d’ailleurs pas si c’est volontaire, mais le nom du modèle est assez drôle pour un sac qui doit voyager, puisqu’un ledger, en anglais, il me semble que c’est le grand livre de comptes, et donc à l’origine un gros livre qui ne quittait jamais vraiment sa place.

 
 

Le Ledger donc. Il est sorti cette année en cuir lisse mais j’ai opté pour une version en toile, un coton de 649 g/m² (un peu plus de 19 onces pour ceux qui raisonnent en denim) développé exclusivement en Italie pour la marque et inspiré des bâches des Jeep Willys MB.

Elle est aussi stonewash, autrement dit passée en tambour avec des pierres ponces qui l’usent un peu et l’assouplissent (Levi’s et Edwin, entre autres, en revendiquent l’invention, et on en attribue en général l’industrialisation aux Girbaud). L’effet reste discret, la toile paraît simplement un peu adoucie, comme après une saison ou deux d’usage. Pour la suite, elle devrait se salir et s’éclaircir aux arêtes. Le cuir des poignées, déjà d’un brun très foncé, changera peu de couleur mais s’assouplira et se lustrera sans aucun doute.

 
 

Dedans, il y a compartiment doublé de feutrine qui peut prendre un ordinateur portable jusqu’à 16 pouces. La marque conseille de mesurer le sien avant d’acheter, ce qui n’est pas idiot vu que tous les ordinateurs 16 pouces ne font pas exactement la même taille.

Il y a également une poche zippée amovible en toile de coton, datée et signée par l’artisan qui a fait le sac. Idéal pour les clés, le téléphone ou un billet de train.

 
 

En semaine, je le porte à la main. Le week-end, je sors davantage la sangle amovible en cuir, ce qui permet de la passer en bandoulière comme ici sur ma veste en jean. C’est même avec ce genre de tenue que cette toile coloris olive me paraît le plus à sa place. Avec un costume croisé gris ou marine, par contre, je trouve que ça jure un peu. Ce n’est donc pas tout à fait le mouton à 5 pattes dont je parlais au début, mais je n’y croyais pas beaucoup non plus.

Pour le week-end, il y a quand même une vraie limite, son épaisseur de 7,5 cm. Pour une nuit, ça passe si on voyage léger avec une chemise de rechange et une trousse de toilette plate, mais pas au-delà. Pour deux nuits, il faut une valise, et le Ledger se pose dessus - sans être maintenu pour autant.

Enfin il est fabriqué à Saint-Georges-de-Luzençon, près du viaduc de Millau, par un seul artisan du début à la fin. La marque propose aussi de réparer ses sacs. Pour un sac dont tout l’intérêt est de vieillir, c’est à mon avis l’argument le plus important de la fiche.

Il coûte 450 €, à peu près le prix d’un Filson chez un revendeur européen.

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