Le style de Luca di Montezemolo
/Ferrari a récemment dévoilé à Rome la Luce, sa première voiture entièrement électrique. Cette berline fastback à quatre portes et cinq places a été dessinée par le collectif LoveFrom de Jony Ive, l'ancien responsable du design d'Apple. Son style rompt nettement avec les codes habituels de la marque : beaucoup ont du mal à y reconnaître une Ferrari.
Cette rupture a ravivé notre curiosité pour le Ferrari d'une autre époque, et avec lui pour l'homme qui en a dirigé la Scuderia dans les années 1970 : Luca Cordero di Montezemolo. Par son élégance comme par son parcours, Montezemolo s'inscrit dans la lignée des grands capitaines d'industrie italiens, à l'image de Gianni Agnelli, dont le style est resté une référence bien au-delà du monde des affaires.
Une garde-robe stable
Montezemolo a, très tôt, fixé une sorte d'uniforme dont il n'a guère dévié. Sa tenue de travail est classique : des costumes sur mesure déclinés essentiellement dans deux familles de couleurs, le gris et le bleu. Beaucoup sont croisés, à revers larges, et souvent sans rabats de poche.
Les mêmes pièces reviennent systématiquement : une chemise blanche ou bleu pâle, une cravate le plus souvent bleu marine, et une pochette, qu'il porte presque toujours. L'ensemble reste sobre.
Où s'habille-t-il ?
Montezemolo ne commente quasiment jamais lui-même sa garde-robe. Ce sont la presse spécialisée et différents portraits qui ont identifié ses adresses au fil des années. Deux grandes écoles du sur-mesure italien reviennent.
Rubinacci (Naples / Milan / Londres). La maison napolitaine, fondée par Gennaro Rubinacci en 1932 et aujourd'hui dirigée par Mariano et Luca Rubinacci, le compte parmi ses clients, aux côtés notamment de Lapo Elkann et de Bryan Ferry. Sa signature est la veste napolitaine : épaule souple, emmanchure haute, construction légère.
Sartoria Campagna (Milan). Dans un portrait publié par The Globe and Mail, le journaliste indique que Montezemolo est fidèle à ce tailleur milanais et à ses costumes entièrement cousus main.
Plus largement, Montezemolo est rattaché à la tradition milanaise, celle des industriels du Nord comme Gianni Agnelli ou Vittorio Valletta : des vestes structurées à épaules marquées, proches dans l'esprit du tailoring anglais. Les ateliers Caraceni en sont les représentants les plus connus.
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Sources
TIME, Tailor to the Titans — portrait de la maison Rubinacci citant Montezemolo parmi ses clients : https://content.time.com/time/subscriber/article/0,33009,1135649,00.html
The Globe and Mail, The Lunch: Luca Cordero di Montezemolo (2016) — mentionne sa fidélité à la Sartoria Campagna de Milan : https://www.theglobeandmail.com/report-on-business/careers/careers-leadership/the-lunch-luca-cordero-dimontezemolo/article29289709/
Chris Kerr Bespoke Tailor, Style Icon: Luca Cordero di Montezemolo — décryptage détaillé de sa garde-robe : https://chriskerr.com/style-icon-luca-cordero-di-montezemolo/
The Rake, The Men Who Wore Double-Breasted Tailoring Best — analyse de sa manière de porter le croisé : https://therake.com/default/stories/the-men-who-wore-double-breasted-tailoring-best
Permanent Style, Suits like cities: One way to understand Italian tailoring — le situe dans la tradition milanaise (avec Agnelli et Valletta) : https://www.permanentstyle.com/2026/02/suits-like-cities-one-way-to-understand-italian-tailoring.html
AFAR, fiche Rubinacci Milano — confirme qu'il porte Rubinacci : https://www.afar.com/places/via-montenapoleone-18-milan
