Deux anecdotes sur les chaussures dans le dernier Popeye Magazine
/Dans le dernier numéro de Popeye, Whole Earth Catalog, on a lu deux anecdotes assez intéressantes.
C'est le genre de lecture qu'on a peu de chances de croiser dans la presse française — raison de plus pour la relayer ici.
Voici une capture écran de la page en question - que l’on a traduite avec Google, ça vaut ce que ça vaut.
Premier bloc — entretien avec Hirofumi Kurino (conseiller senior de United Arrows, né en 1953, cofondateur de la maison en 1989). Il revient sur Alden, qu'il a commencé à distribuer il y a environ 35 ans à Shibuya : la marque emploie des ingénieurs mais pas de designers, parce qu'elle se tient délibérément à l'écart de la mode ; son origine dans la chaussure orthopédique (pieds plats) explique que la fonction précède l'esthétique. Il avoue avoir d'abord trouvé le plain toe « ringard et lourdaud », avant de se convaincre que c'est une chaussure d'usage plus que de parure. L'anecdote centrale : agressé de nuit à Paris lors d'un déplacement, il s'est échappé en courant — chaussé d'Alden, d'où la formule qu'on peut y courir à pleine vitesse.
Second bloc, « Shifting Craftsmanship » — Setsumasa Kobayashi compare trois paires de J.M. Weston « Golf » achetées neuves dans les années 1980 (deux du début, une de la fin de la décennie). À taille égale, la plus ancienne est de quelques millimètres plus basse ; surtout, le contrefort des deux anciennes serait en cuir et celui de la plus récente en résine. Le cuir absorbe l'humidité du pied et s'assouplit avec lui, la résine reste rigide — d'où une différence sensible de confort sur sol irrégulier. La conclusion tire vers le général : quand la demande explose, rationaliser la production est inévitable ; le tout-main ne survit qu'à très petite échelle, sur le très haut de gamme.
