Meermin - Mocassins en Cordovan
/Note : À notre demande, Meermin ont accepté de nous envoyer les chaussures que vous allez découvrir dans cet article
Une marque associée aux débuts des blogs menswear
Meermin s’est fait connaître au moment où les blogs menswear commençaient à structurer le paysage mode masculin. La marque revenait souvent dans les discussions, notamment pour ses bottines, parce qu’elle proposait des chaussures classiques à un niveau de prix alors assez inhabituel. C’est par ce biais que beaucoup, nous compris, l’ont découverte.
Aujourd’hui, on en parle moins qu’à cette période, sans que la marque ait disparu du paysage pour autant. Elle reste active, continue de développer ses collections, et dispose d’une nouvelle boutique à Paris. Voir les modèles en vrai et tester les tailles est d’autant plus important sur un mocassin.
L'Héritage Albaladejo
Meermin a été fondée en 2001 par la famille Albaladejo, une famille installée depuis longtemps dans la chaussure à Majorque.
Aux débuts de la marque, une partie de la production - notamment destinée au marché japonais - restait réalisée à Majorque, mais en volumes très limités. La majorité des volumes a ensuite été progressivement transférée en Chine.
Dans une interview donnée à Stitchdown, Pepe Albaladejo explique que ce choix remonte à des contrats importants avec l’armée française et l’armée britannique pour des chaussures d’officier, montage Goodyear. Les volumes - plusieurs dizaines de milliers de paires sur quelques années - rendaient une production en Espagne difficile à soutenir. La famille s’est alors tournée vers la Chine, en travaillant avec une usine qu’elle a progressivement formée à ses méthodes. À l’époque, une grande partie du travail était encore réalisée à la main, notamment le montage et la pose de la trépointe.
Meermin ne se limite pas à une seule gamme. La marque a développé plusieurs lignes, dont une offre plus pointue baptisée Linea Maestro, et a aussi introduit une gamme Ultraflex pour répondre à certaines critiques sur le confort.
Car oui, cette critique concernant la concerne la rigidité initiale revient très souvent lorsqu’on lit les retours de clients sur de multiples forums (Reddit, Style Forum ect..). Derek Guy alias “the menswear guy” évoque lui aussi ce point, en soulignant un break-in (“casser” ou “faire” la paire) qui peut demander plusieurs ports avant que la chaussure ne devienne vraiment confortable.
En contrepartie, une fois cette phase passée, les retours sont généralement positifs sur la tenue dans le temps. Les chaussures sont perçues comme solides, avec une bonne tenue générale dans le temps.
Sur la paire reçue pour cet article, cette première impression se vérifie. Le cuir est ferme, la chaussure assez rigide dès les premiers ports. On sent qu’il faudra un peu de temps pour la faire. Mais rien de très surprenant, surtout avec un cuir en cordovan.
Heritage Shell Cordovan
L’idée de cet article était surtout de présenter et photographier une paire en cordovan plus accessible que ce que l’on trouve habituellement sur le marché.
Meermin propose du cordovan depuis plusieurs années, mais sa ligne “Heritage Shell Cordovan” — telle qu’on la connaît aujourd’hui — a été introduite autour de 2021, d’abord sur des modèles en édition limitée avant de s’étendre progressivement à des modèles plus permanents, dont les mocassins.
Sur ses modèles actuels, Meermin utilise un cuir appelé “Heritage Shell Cordovan”, dont la tannerie n’est pas communiquée. La marque a déjà proposé des séries en cuir provenant de la fameuse tannerie Horween, mais ce n’est pas le cas de la gamme standard.
Le cordovan reste généralement associé à des marques comme Alden ou Carmina, avec des prix nettement plus élevés. Meermin propose ici une approche plus accessible, cohérente avec son positionnement.
Essayer avant d’acheter
Comme expliqué en introduction, Meermin dispose aujourd’hui d’une boutique à Paris, boulevard des Capucines, ouverte en 2025 en remplacement de sa première adresse située à la Madeleine. Elle est à proximité de Bucherer et du métro Opéra.
Nous recommandons vraiment d’essayer en boutique, encore plus pour des chaussures. Pouvoir évaluer de ses propres yeux la qualité d’un modèle, sa forme, son confort, ou encore son volume réel au pied change beaucoup de choses.
L’essayage est d’autant plus important sur un mocassin. Sans laçage, le fit doit être juste dès le départ, et le cordovan laisse peu de marge d’erreur.
Passer en boutique permet aussi de vérifier la paire elle-même : teinte, aspect du cuir, éventuels défauts. Cela limite les mauvaises surprises à l’achat.
Si ce n’est pas possible de se déplacer à Paris, il reste bien sûr la commande en ligne.
La paire est disponible ici (lien affilié)
