Après la visite de l’atelier, Justo me conduit à la boutique. Mais avant la visite de cette dernière, Justo s’arrête et me demande : « veux-tu goûter la meilleure tortilla du monde ? », je lui réponds avec plaisir et il m’emmène dans une rue adjacente à la boutique où nous franchissons le pas de la porte d’une taperia où j’engloutis en effet « la meilleure tortilla du monde ».
Rassasié, Justo me présente son père, Justo, et son frère cadet, Gabriel, responsable de la boutique. Gabriel est un ancien toreador, il a troqué son mantel pour une Teba, il veille aujourd’hui sur la boutique avec son père.
Dans celle-ci, je découvre des vestes Tebas en prêt-à-porter, commençant à la taille 44, aux tissus multiples. La Teba « authentique » serait celle en jersey, toujours complètement déstructurée, que porte Justo sur les épaules ce jour-là. Je me prends au jeu d’essayer plusieurs Teba, en laine, lin, coton… la collection est sans fin.
Ce qui m’attire tout de même dans la boutique est l’offre très vaste et variée de vêtements anglais : Drake’s, Joseph Cheaney et Alan Paine notamment. Trois marques difficilement trouvables en France mais dont Justo Gimeno est le distributeur officiel en Espagne. C’est d’ailleurs lui qui a fait connaître Drake’s sur la péninsule ibérique. Michael Hill, le directeur artistique de la marque, est un ami. D’ailleurs, la boutique a un air de Drake’s, ou devrai-je plutôt dire l’inverse…
Je ne peux résister à essayer un pull en poil de chameau d’Alan Paine. Je suis étonné et agréablement surpris de voir les vêtements proposés : manteaux longs, imperméables, cravates, gants, chaussures… Justo me confie que la plupart de ses clients sont pour beaucoup étrangers de nos jours. Les jeunes espagnols ne sont plus si intéressés par des vêtements et un savoir-faire centenaire.
Plus j’explore la boutique, plus je note qu’elle est très colorée. Sur des mannequins, des assemblages de tenues qui paraissent « importables » mais finalement tout est précis, tout fonctionne. C’est un peu cela « l’esprit » Justo Gimeno : passion, not fashion.